Campagne terroriste de l’Etat d’Israël au Liban : stop à ce déchaînement meurtrier

L’État israélien ne fait rien par hasard ; toutes ses actions sont le fruit d’un dessein cruel et meurtrier. Ce n’est qu’en comprenant cela que nous pouvons comprendre l’horreur infligée au Liban avec cet acte de terrorisme de haute technologie, hautement calculé, qui a massacré 558 Libanais, dont 50 enfants. Tragiquement, ces chiffres ne feront qu’augmenter dans les jours à venir, le régime israélien promettant d’« accélérer » ses assauts.

Article initialement publié le 24 septembre en anglais sur le site du Socialist Party en Irlande (organisation soeur de ‘Pour une lutte antiraciste féministe socialiste révolutionnaire’ en France).

Les événements d’hier se sont produits une semaine après que le Mossad, le service de renseignement israélien, a placé des bombes dans tout le Liban via des téléavertisseurs et des talkies-walkies utilisés par les membres du Hezbollah, bombes qui ont explosé sans discrimination et sans avertissement, tuant 32 personnes et en blessant des milliers d’autres. L’objectif est de terroriser la population libanaise pour qu’elle se soumette, par le biais d’attaques de choc et de guerre psychologique. Ces derniers jours, les bombardements ont contraint des centaines de milliers d’habitants du Sud-Liban à fuir leur domicile. Ils sont plus de 100.000 à avoir dû fuir depuis le mois d’octobre de l’année dernière.

La rhétorique génocidaire

Pour justifier ces attaques brutales, nous avons entendu de la part des ministres israéliens la même rhétorique effrayante et génocidaire qu’avant le début du génocide à Gaza l’année dernière. Le ministre de l’éducation, Yoav Kisch, a déclaré dans une interview : « Il n’y a pas de différence entre le Hezbollah et le Liban. Au train où vont les choses, le Liban sera anéanti ». Ces propos font écho à ceux du ministre israélien de la défense, Yoav Gallant, qui a déclaré que le Liban serait renvoyé « à l’âge de pierre »

L’horreur au Liban pourrait encore s’intensifier. Il reste à voir comment l’État libanais et le Hezbollah réagiront, certains bombardements de cibles militaires en Israël ayant déjà été effectués. La menace d’une invasion israélienne et d’une guerre régionale plus large au Moyen-Orient est bien réelle. Alors que les représentants de l’impérialisme américain lancent des appels creux à la retenue, ils continuent de financer, d’armer et de soutenir politiquement de manière inconditionnelle le régime israélien, son principal allié dans cette région.

L’État israélien et le Liban

L’État israélien a derrière lui une longue et sanglante histoire de guerres et d’occupations du Liban. En juin 1982, l’invasion israélienne du pays a entraîné la mort d’environ 15 à 20 000 civils libanais.es et palestinien.ne.s (on estime à 300 000 le nombre de réfugié.e.s palestinien.ne.s vivant dans l’État libanais, victimes de la Nakba de 1947-1948 et leur descendance). Cette situation a culminé avec l’horreur de Sabra et Chatila lorsque, en septembre de cette année-là, environ 3 500 réfugié.e.s palestinien.ne.s ont été massacré.e.s par les milices chrétiennes fascisantes des Phalanges libanaises, en collusion avec leurs alliés de l’armée israélienne.

L’État israélien a occupé le Sud-Liban pendant 18 ans, jusqu’à ce qu’il soit contraint de se retirer en 2000. Pendant cette période, des milliers de personnes ont été torturées dans la prison israélienne de Khaim, exemple brutal de sa domination coloniale. Le massacre de 109 réfugié.e.s palestinien.ne.s à Cana en 1996 en est un autre exemple. Six ans après son retrait, l’État israélien a lancé une nouvelle invasion en juillet 2006, causant cette fois la mort de 1 300 Libanais.es.

Le Hezbollah, la milice chiite du Liban, est un allié clé de l’État iranien et fait partie de ce que l’on appelle « l’axe de la résistance ». Il est depuis longtemps une épine dans le pied de l’État israélien, qu’il a vaincu en 2000 et 2006 lors de victoires sans précédent pour des forces armées arabes. Ces victoires ont sapé le prestige d’Israël et sa « capacité de dissuasion », c’est-à-dire l’idée que le peuple palestinien et ses autres adversaires dans la région doivent être constamment intimidés par ses prouesses militaires.

Comment vaincre le régime israélien ?

Le peuple de l’État libanais a parfaitement le droit de résister à l’agression du régime israélien, y compris en s’engageant dans la résistance armée. Une défaite militaire de l’État israélien serait clairement un développement positif et saperait la guerre génocidaire à Gaza. Le meilleur moyen d’y parvenir serait d’organiser une résistance armée sous contrôle démocratique, fondée sur l’unité de la classe travailleuse et des pauvres du Liban, de différentes communautés religieuses et nationalités, pour résister au terrorisme et à une invasion israélienne.

En 2006, le Hezbollah a partiellement joué un rôle dans l’unité des groupes religieux du Liban dans l’opposition à l’invasion israélienne. Toutefois, cela n’a été que temporaire en raison de sa politique sectaire et des actions qui en ont découlé. Depuis lors, le Hezbollah a également considérablement affaibli sa position en soutenant le régime autocratique d’Assad dans la sanglante guerre civile syrienne, un régime responsable de nombreuses atrocités à l’encontre de la population sunnite de Syrie.

Les méthodes du Hezbollah, qui consiste à tirer aveuglément des roquettes sur la « ligne verte », les frontières officiellement reconnues de l’État d’Israël, ne sont pas seulement inefficaces sur le plan militaire, elles aident également la classe dirigeante israélienne à renforcer le soutien en faveur de ses attaques contre le Liban. Cela se produit à un moment où de véritables fissures apparaissent au sein de la société israélienne, comme l’a montré la récente grève générale pour exiger un accord sur les otages et un cessez-le-feu à Gaza.

Mettre fin au règne du capitalisme génocidaire

La question de la résistance armée des masses devrait être liée à la lutte pour un gouvernement de la classe travailleuse et des pauvres au Liban, qui rompe avec la domination sectaire et le capitalisme. Un Liban démocratique et socialiste verrait ses vastes richesses et ressources confisquées aux super-riches et à l’élite des entreprises. Aujourd’hui, le 1% le plus riche du Liban possède 25% de la richesse du pays, et le niveau de vie de la majorité a été massivement sapé après cinq années de crise économique.

Une lutte révolutionnaire de ce type pourrait atteindre la classe ouvrière, les pauvres et les opprimés de toute la région, notamment le peuple palestinien opprimé. Elle pourrait chercher à exploiter les divisions croissantes au sein de la société israélienne et souligner que ses dirigeants n’offrent à la classe travailleuse qu’un avenir d’insécurité en continuant d’opprimer les peuples de Palestine et du Liban. Lutter pour une transformation socialiste de la société signifie lutter pour renverser l’État sioniste et tous les autres régimes capitalistes pourris du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ainsi que leurs soutiens impérialistes. Dans un Moyen-Orient socialiste, les droits nationaux et religieux de tous les peuples pourraient être garantis, faisant de la menace de guerre, d’insécurité et de génocide une chose du passé.

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