Solidarité et justice pour Gisèle

Pas un.e de plus ! De l’Argentine à la France – Solidarité avec et justice pour tous.tes les victimes de violences sexistes et sexuelle

Fin à la culture du viol

Fin à la violence masculine

Fin au sexisme et au racisme systémiques et à toutes les formes d’oppression

Tout le système est coupable ! Fin au système capitaliste qui normalise et nourrit la misogynie au détriment de millions de nos vies

Le 19 octobre et le 23 novembre (manifestation pour la journée internationale contre les violences de genre), assurons-nous que la bravoure de Gisèle n’ait pas été vaine

⚠️Mise en garde : contenu extrêmement difficile, comprenant des descriptions de violences de genre et de viols

Solidarité avec Gisèle Pélicot qui a non seulement été confrontée à des violences de genre  horribles, cruelles et abjectes, mais qui a aussi bravement renoncé à son droit à l’anonymat et s’est courageusement battue pour rendre le procès de 51 hommes qui l’on violée , confrontantle monde entier à la réalité brutale de la culture du viol et de la violence masculine. Solidarité également avec les trois enfants de Gisèle, en particulier sa fille Caroline, qui soupçonne son père de l’avoir également droguée.

Il est difficile d’imaginer l’horreur que Gisèle a vécu au cours des dernières semaines, alors qu’elle a dû non seulement affronter ses agresseurs mais aussi faire face à un victim blaming à en retourner l’estomac, l’obligeant à revivre les abus et les violences qui lui ont été infligés. Une réalité d’autant plus épouvantable lorsque l’on sait que Gisèle  s’est battue pour que ‘la honte change de camp’, ainsi que pour obtenir justice — pour elle, et  pour toutes les victimes de violences misogynes et de genre. 

Si ce n’est plus un secret pour beaucoup que le système judiciaire est par nature hostile aux survivant.e.s de violences sexistes et sexuelles (VSS), il n’y a tout simplement pas de mots pour qualifier la violence des attaques lancées contre Gisèle la semaine dernière. Les avocats de la défense ont tenté, de la manière la plus répugnante qui soit, de défendre l’idée que, bien que les auteurs aient été parfaitement conscients du fait que Gisèle était droguée lorsqu’ils l’ont violée, ils ne pouvaient pas savoir qu’elle n’était pas consentante.

Dans leur tentative scandaleuse de présenter Gisèle comme complice et d’inverser le rôle des auteurs et de la victime, les avocats de la défense utilisent à plein fouet la culture du viol comme outil central, la reproduisant et la renforçant sans aucun scrupule ou considération de l’impact que cela a sur la vie de Gisèle et celles de millions d’entre nous soumis.es aux attaques misogynes meurtrières et grandissantes dans la société. Cela met à nu avec une brutalité indicible la misogynie structurelle et le sexisme du système judiciaire. 

L’affaire en cours a également mis en évidence le sexisme structurel du secteur médical, où les médecins ne reçoivent toujours pas de formation adéquate pour détecter la soumission chimique, bien que l’utilisation de drogues dans les cas d’agression sexuelle soit en hausse depuis vingt ans. 

Tandis que l’extrême droite essaie d’exploiter cyniquement la violence fondée sur le genre pour promouvoir son programme raciste envers leur fémonationalisme, l’affaire contre leur mensonges racistes. La réalité est que 91% des femmes victimes de violence de genre connaissent leur agresseur. Les violences n’ont rien à voir avec les origines ou la couleur de peau de l’agresseur et tout à voir avec la misogynie rampante nécessaire au système capitaliste. D’ailleurs, 75% des agressions islamophobes visent les femmes.

Nous avons besoin d’une surveillance et d’un contrôle démocratiques de la police et du système judiciaire, du secteur médical et du secteur de l’éducation, et de bien d’autres choses encore. Ce contrôle devrait inclure la participation centrale du mouvement féministe et anti-raciste à tous les niveaux. 

La culture du viol, le sexisme, le racisme, la queerphobie et toutes les formes d’oppression sont totalement ancrées dans le tissu du système capitaliste. 

  • 9 femmes sur 10 ont subi des pressions pour avoir des relations sexuelles (chiffres de #NousToutes)
  • Un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les 2,5 minutes (cas déclarés en 2021 en France)
  • 96% des auteurs de violences sexuelles sont des hommes (chiffres issus d’une étude en France)
  • 9 femmes sur 10 connaissent l’auteur des violences, dans 45% des cas il s’agit du partenaire ou de l’ex-partenaire.
  • 85% des personnes transgenres sont agressées au cours de leur vie (chiffres fournis par #NousToutes)
  • 80 % des femmes handicapées ont été victimes de violences (chiffres fournis par #NousToutes)
  • 104 femmes ont été tuées dans des féminicides rien que cette année (23/09, chiffres de #NousToutes)
  • 75% des attaques islamophobes touchent les femmes musulmanes
  • 91 % des personnes noires en métropole se disent victimes de discrimination

Les violences sexistes et sexuelles, les viols et les féminicides sont commis par des hommes normaux, tous les jours, partout dans le monde. Il est totalement erroné de considérer la violence fondée sur le genre, le sexisme et la misogynie à travers le prisme d’un problème de « monstres en marge de la société ». 

Comme l’a dit Elena Cecchettin, la sœur de Giulia Cecchettin, assassinée par son ancien partenaire en Italie l’automne dernier : 

“Un monstre est une exception, une personne en marge de la société, une personne pour laquelle la société n’a pas à assumer de responsabilité. Et pourtant, il y a une responsabilité. Les « monstres » ne sont pas malades, ce sont des enfants sains du patriarcat, de la culture du viol.

Nous souhaitons également exprimer notre plus profonde solidarité avec la femme argentinienne qui s’est courageusement soulevée contre deux joueurs professionnels de rugby français Hugo Auradou et Oscar Jegou accusés d’agression sexuelle aggravée et de viol, et qui continue à lutter pour la justice « pour ceux qui ont peur de parler ». Lorsqu’il est devenu évident que les tribunaux bourgeois ne la croyaient pas, elle a tenté de se suicider à plusieurs reprises, ce qui montre les dommages et les traumatismes à long terme que le viol, la violence fondée sur le genre et l’absence de justice peuvent avoir sur quelqu’un. Les deux joueurs qui ne correspondent pas au stéréotype du « monstre » ont été libérés et ont pu rentrer en France auprès de leurs familles. Cette décision a été accueillie « avec satisfaction » par la Fédération française de rugby, Hugo Auradou a repris l’entraînement avec son équipe et les médias se sont surtout concentrés sur « l’horrible expérience qu’ils ont vécu ces dernières semaines ». Les hommes « respectés » et puissants, comme le sont la plupart des sportifs professionnels, sont libres et protégés au détriment des femmes bien trop souvent.

Les plus de 10.000 personnes qui sont descendues dans les rues de France le 14 septembre pour manifester leur solidarité avec Gisèle et les milliers de messages de soutien qu’elle a reçus du monde entier, témoignent du fait que l’immense colère contre la violence de genre est répandue nationalement et internationalement et enhardie, si ce n’est encouragée par la culture prédominante dans notre société – nous ne pouvons pas l’accepter, nous ne l’accepterons pas, et nous sortirons ensemble dans la rue en solidarité pour dire : plus jamais ça ! »

Construisons et renforçons la lutte féministe socialiste – explicitement queer et antiraciste!

Nous devons construire un front uni de la classe ouvrière, de la jeunesse et des personnes opprimées, enraciné dans tous les quartiers populaires, les banlieues, les écoles, les universités et les lieux de travail, dans l’Hexagone et les colonies ! Inspirons-nous des luttes anticoloniales et contre la vie chère en Kanaky et en Martinique, du mouvement de solidarité avec la Palestine où les jeunes ont vaillamment occupé leurs universités malgré la répression policière brutale, et des luttes des travailleur.euse.s sans-papiers qui ont remporté, grâce à leurs grèves courageuses, la régularisation de leurs papiers – l’année dernière sur les chantiers des Jeux Olympiques et en juillet après une longue lutte à Emmaüs. 

Similairement, il est urgent de mettre pression sur la gauche et les syndicats pour qu’ils renforcent leur programme de lutte contre l’oppression — par exemple, en se mobilisant en grand nombre les 19 octobre et 23 novembre en solidarité avec Gisèle Pélicot et contre les violences de genre, en s’inspirant des revendications pour un nouveau front populaire antiraciste mises en avant par des groupes féministes et antiracistes, en soutenant la demande de 3 milliards d’euros pour la lutte contre la VSS et en la liant aux demandes d’investissements massifs dans les services publics et contre l’austérité en général. Cela doit être lié à des demandes d’augmentation des impôts sur les super-riches et les entreprises, ainsi qu’à une surveillance et un contrôle démocratiques des services publics avec l’implication centrale du mouvement féministe et anti-raciste à tous les niveaux. Nous devons également exiger la nationalisation sans compensation des secteurs clés de l’économie sous le contrôle démocratique des travailleur.euse.s et de la société pour enfin mettre nos vies et celles de la planète avant les profits. 

La lutte contre l’oppression est un pilier dans le développement de la lutte des classes et doit être activement incluse à tous les niveaux. En Inde, à la suite du viol et du féminicide horrifiques du Dr Moumita Debnath, les personnes pratiquant la médecine – ainsi que la classe ouvrière plus largement – ont montré la voie, en menant des actions de grève et en construisant un mouvement de masse contre les féminicides, la culture du viol et les violences de genre. C’est également grâce à une mobilisation de masse que les étudiant.es et les travailleur.ses du Bangladesh, avec les femmes et les jeunes à la tête de la lutte, ont mis fin au gouvernement de Sheikh Hasina cet été.

Il est clair que pour imposer le changement, nous devons nous organiser: les 19 octobre et 23 novembre, construisons de puissants tremplins pour un mouvement de lutte contre les violences de genre, le racisme, toutes les formes d’oppression, d’exploitation et le système capitaliste qui les perpétue.

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