LE RACISME TUE

Crédit photo : Serge D’Ignazio

LUTTONS CONTRE UNE EXTREME DROITE ENHARDIE

Le 24 octobre 2024, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne a publié un rapport dénonçant une forte augmentation du racisme anti-musulman. De 2016 à 2023 le nombre de personnes musulmanes interrogées dans 13 pays européens qui ont rapporté avoir été victimes de discriminations racistes a presque doublé, passant de 25 à 47%.

Notre seule faute est d’être né.e.s avec la peau noire

Ces chiffres, qui ne sont qu’une représentation minime de la réalité de ce que vivent les personnes racisées tous les jours (de par leur religion et / ou couleur de peau), ne sont pas une surprise face à l’hyper-normalisation du racisme, de la transphobie, ou de la misogynie dans notre société.

Dans le contexte d’un système capitaliste incapable d’empêcher l’augmentation du coût de la vie, la destruction environnementale et les crises impérialistes qui engendrent l’oppression coloniale et les génocides, la classe dominante, ainsi que les États et leurs institutions qui les protègent, peinent à gouverner de manière stable. De ce fait, ils nécessitent l’oppression pour maintenir l’ordre social en détournant l’attention de leurs responsabilités. Les conséquences de tout cela : des idées racistes dans toutes les couches de la société qui peuvent mener à des violences meurtrières – une réalité qui ne fait ni chaud, ni froid à une classe dominante prête à tout pour protéger ses intérêts.

Le meurtre de sang froid d’Amar, un sans-abri Algérien, par un policier hors service le 29 juin dernier, en est un exemple concret. Par l’attitude de Macron suite au meurtre de Nahel, un an seulement avant celui d’Amar, l’impunité policière n’a fait que se renforcer.

Les libéraux ont ouvert la porte aux monstres d’extrême droite

Ce n’est pas un hasard : Macron avait besoin de déshumaniser tout soutien à la révolte qui a suivi le meurtre de Nahel. Pour écraser et diviser la lutte contre la réforme des retraites qui le menaçait, la répression étatique et médiatique brutale des révoltes anti-racistes de juin 2023 n’a été que le premier outil de sa démarche. Celle-ci a continué avec l’implémentation de lois racistes (contre l’abaya, contre l’immigration) et les attaques islamophobes envers tout soutien à la lutte pro-Palestinienne. Toute personne adhérant à des idées racistes s’est vu confortée dans l’idée de pouvoir les mettre en œuvre sans conséquence, ce qui a mené à une augmentation du racisme en France de 37% sur la seule année 2023. La voie béante qui s’est ouverte pour l’extrême droite n’est donc pas une surprise.

Les politiques racistes, corporatistes et génocidaires engendrent des monstres d’extrême droite dans le monde entier. Aux États-Unis, où les Démocrates ont refusé de stopper l’armement de la machine de guerre israélienne, de protéger les droits à l’avortement dans plusieurs états, ou d’implémenter leurs promesses de politiques sociales, l’électorat s’est vu divisé entre un soutien renforcé pour Trump d’un côté, et un détachement des Démocrates sans réelle alternative de l’autre. Avec un appel à la déportation en masse, l’élection de Trump représente une menace extrême pour des millions de personnes racisées et migrantes aux Etats Unis et à l’international. Par ailleurs, là où les droits à l’avortement n’ont pas été protégés, la mortalité maternelle – déjà disproportionellement haute chez les femmes noires – ne fera qu’empirer. Actuellement, 50% des étudiants en médecine croient toujours que les personnes noires ressentent moins la douleur que les personnes non racisées, des mythes enhardis par la normalisation du racisme par les politiques de la classe dominante. En France, 91% des personnes noires disent être victimes de discrimination raciale dans leur vie de tous les jours. Il est clair que les violences oppressives et étatiques vont main dans la main. La poussée derrière l’extrême droite est un danger non seulement pour nos droits et nos libertés, mais pour nos vies. Face à une telle menace, une seule réponse est possible : la lutte, sans compromis.

“Jamais personne ne vous apportera l’éducation dont vous avez besoin pour les renverser” – Assata Shakur

Si les crises internationales impactent la classe ouvrière dans son ensemble, la jeunesse racisée est disproportionnellement impactée par la difficulté d’accès au travail, au logement, à la santé, à l’éducation ; par la répression policière et d’Etat ; et par l’impact de la destruction environnementale, de l’impérialisme et des guerres, du coût de la vie, et de la réaction de droite – des phénomènes qui eux-aussi touchent disproportionnellement les communautés opprimées – sur la santé mentale.

Il n’est donc pas surprenant que leur réponse, de Black Lives Matter, au mouvement en solidarité avec la Palestine, en passant par Justice pour Nahel, soient des inspirations pour nous tous.tes. Inspirons-nous de la jeunesse racisée à l’avant-garde de ces révoltes anti-racistes et de ces soulèvements de colère contre un système qui nous déshumanise! Organisons-nous pour revendiquer la fin immédiate des violences racistes dans la rue, dans nos écoles, communautés et lieux de travail, et de la part de l’État.

Inspirons nous aussi de la jeunesse, qui, en tant qu’individu.e.s mais aussi au sein de collectifs et autres groupes militants, se sont emparé.e.s de la campagne pour lutter contre l’extrême droite et la menace fasciste en juin dernier, se sont organisé.e.s pour manifester devant les bureaux de la gauche, demander l’organisation d’un Nouveau Front Populaire, et ont formulé des revendications explicites contre les politiques racistes, coloniales, impérialistes, misogynes et transphobes.

La liberté, c’est ne plus avoir peur.

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