Violences de genre, violences sociales : On n’en veut pas, on les combat !
Sexisme, racisme, LGBTQIA+phobie, validisme… : seul un changement profond de système, loin du capitalisme et du patriarcat, peut y remédier. Luttons contre les oppressions et construisons l’unité de toutes les personnes opprimées et exploitées : c’est le seul chemin vers une société juste, égalitaire et viable pour notre planète.
Par Laura (Paris)
Tout comme le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme et les autres formes de discrimination, l’oppression sexiste et LGBTQIA+phobe est un moyen pour le capitalisme d’affaiblir celles et ceux qui crient haut et fort à l’injustice. Selon un rapport de l’ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association), 2022 a été l’année la plus violente pour les personnes queer en douze ans en Europe. Un rapport sur les féminicides publié par ONU Femmes souligne qu’en 2021, plus de cinq femmes avaient été tuées chaque heure à travers le monde par un membre de sa propre famille ou par son (ex-)partenaire. Nous occupons la rue ce 25 novembre pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux personnes LGBTQIA+ !
Alors que les pénurie s’intensifient et que la crise économique arrive, les femmes et les personnes LGBTQIA+ sont les premières à subir les conséquences de la précarisation. Notre indépendance financière est systématiquement attaquée. Les services publics et sociaux subissent des coupes budgétaires drastiques. S’extraire d’une situation de violence est encore plus difficile – c’est parfois un choix entre la peste et le choléra.
L’augmentation de la libération de la parole des femmes surtout depuis la vague #MeToo est d’une très grande importance. Mais cela ne permet pas de compenser la culture de violence envers les femmes qui existe dans la société, notamment sur base de l’industrie pornographique qui, pour faire du profit, présente les femmes comme des objets, est extrêmement violente envers elles et entraîne en soi une augmentation de la violence envers les femmes dans la société. Ainsi, 20% des jeunes pensent qu’une femme aime être forcée.
Par ailleurs, sur internet des personnalités populaires tels que Papacito, alimentent la fachosphère française. Sa chaîne YouTube a été fermée l’an dernier suite à ses nombreuses vidéos violentes et haineuses. Sur l’une d’elles, il tire sur un mannequin grimé en « gauchiste » (en électeur de la France Insoumise), avant de le poignarder dans le ventre. Sans surprise, il tient un discours misogyne, autour duquel gravitent de nombreux incels, des hommes prônant le suprémacisme masculin et la violence envers les femmes.
Organisons-nous pour lutter contre la riposte réactionnaire !
La récente diffusion de discours réactionnaires décomplexés, de la part du gouvernement de Macron et de partis alliés à droite et de l’extrême droite, sont à analyser comme le retour de bâton d’élites qui sentent leur système menacé.
Il est crucial que les mouvements et les organisations politiques refusent le jeu de la droite réactionnaire. Notre unité est notre force et nous devons dénoncer toute tentative de la part du système actuel de stigmatiser et de prendre à part certain.es catégories de populations et individus.
Avec l’abaya, ce sont les femmes musulmanes qui ont été visées, dans un souci de division par le gouvernement, qui ne cesse d’accroître son islamophobie ainsi que son sexisme, notamment avec la récente décision de correctionnaliser le viol, qui relègue le viol à un crime “de 2ème division”, un “sous-crime” qui sera jugé de manière encore plus expéditive, avec moins de temps d’écoute des victimes. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles, soit-disant “grande cause nationale” de la macronie …
Avec l’interdiction de l’usage de l’écriture inclusive, les macronistes ont décidé d’attaquer le mouvement féministe, tout en essayant à nouveau de dévier l’attention. C’est l’expression du fait que, pour Macron et son monde, le “féminisme” est une variable d’ajustement – lui qui disait vouloir stimuler une écriture plus inclusive au début de son premier mandat. Tout ceci participe au tournant à droite que Macron imprime pour son deuxième mandat, notamment parce qu’il n’a plus la majorité absolue à l’Assemblée nationale et qu’il a besoin de l’aide des Républicains pour pouvoir mener sa politique.
Nous ne laisserons personne derrière ! Nous rejettons la transphobie et les discours patriarcaux et de haine émis par le cis-tème contre le “wokisme” et la “théorie du genre”, des concepts fourre-tout créés pour caricaturer et affaiblir le combat contre les discriminations. Ces discours réactionnaires prouvent que les droits inaliénables à l’autodétermination de soi et de son corps sont en péril constant sous le système capitaliste actuel, oppressif par nature. Ils renforcent la confiance des forces de droite dans leur capacité à aller toujours un pas plus loin et à de l’agression verbale à l’agression physique.
Non aux politiques instrumentalisant la lutte contre l’antisémitisme pour justifier leur islamophobie, leur racisme, et leur soutien à l’Etat impérialiste israelien ! Rejetons la récupération de nos luttes par les opportunistes de droite et d’extrême droite ! On le voit depuis plusieurs années dans les manifestations contre la précarisation et le sexisme, contre la réforme des retraites, contre le meurtre policier de Nahel, et contre les destructions écologiques : nos droits d’expression et de protestation sont de plus en plus réprimés par le gouvernement et sa police. Notre seul recours est d’agir collectivement entre travailleurs et travailleuses, en nous organisant dans les syndicats, et en intervenant avec une approche anticapitaliste et révolutionnaire dans les manifs contre l’impérialisme et en soutien aux populations opprimées! Pour faire basculer le rapport de pouvoir du côté de la majorité, toutes nos forces doivent travailler ensemble contre les oppressions, en ne laissant personne derrière !
Le Féminisme ‘Girl Boss’, une illusion de liberté sous le système capitaliste
La libération de la parole avec le mouvement #metoo ainsi que la vague internationale de mobilisations féministes dans des pays capitalistes avancés (Espagne, France, Etats-Unis) ont brisé le mythe d’une égalité obtenue sur le terrain grâce à celle acquise dans la loi. Les violences sexistes bénéficient au capitalisme et doivent nécessairement être remises en question dans une critique anti-capitaliste. Le sexisme persiste, immiscé jusque dans les racines du système capitaliste, qui a besoin de l’exploitation des femmes travailleuses pour maintenir son profit. Le capitalisme et son élite profitent du travail non payé des femmes dans les foyers et sur les lieux de travail, notamment dans les secteurs des soins et du lien, de l’éducation et de la vente, ainsi que dans les service publics – des femmes qui ont en même temps à charge l’éducation et le soin des enfants, ainsi que les tâches ménagères en écrasante majorité. Un sous-financement des services publics (secteur où travaillent majoritairement des femmes) augmente considérablement la double journée de travail des femmes.
Par ailleurs, le capitalisme n’a aucun intérêt à concéder des droits économiques aux femmes travailleuses, et ne l’a fait que sous pression, parce que ces dernières se sont mobilisées dans la rue. Le capitalisme a tout intérêt à nous faire miroiter de petites avancées quand, dans les faits, le plus gros du problème ne bouge pas. La promotion de modèles féminins dans l’entreprenariat et dans la politique d’Etat ne se fait qu’à condition qu’elles ne questionnent pas l’ordre établi et n’est accepté que dans une logique productiviste et élitiste. Nous ne nous arrêterons pas aux miettes de liberté qu’on daigne nous lancer. Les femmes et les minorités de genre ont un rôle crucial à jouer pour arracher les libertés économiques et autres, dans un mouvement d’ensemble de la classe travailleuse.
La convergence des luttes, c’est quoi ?
Le féminisme socialiste considère les violences basées sur le sexe, la sexualité, et l’expression de genre dans le cadre de l’oppression et l’exploitation systèmique de la classe travailleuse. Misogynie, racisme, LGBTQIA+phobie : toutes ces formes de violence sont perpétuées par le système capitaliste dans un même but : celui de diviser pour mieux régner.
C’était Bell Hooks, éminente militante féministe antiraciste qui dénoncait : “le patriarcat capitaliste impérialiste suprémaciste blanc”, un système qui ne peut être compris et combattu qu’avec une analyse de classe comme point de départ. En promouvant la convergence des luttes, on argumente aussi qu’un changement de système est nécessaire.
La riposte féministe socialiste révolutionnaire
Ce système est coupable à tous égards, nous devons nous battre pour une société complètement différente. La violence sexiste est l’expression d’un système profondément violent.
– Les violences sexistes et LGBTQIA+phobes doivent être condamnées sans équivoque. Stop à la culpabilisation des victimes !
– Stop à la marchandisation de nos corps, nous ne sommes pas des objets ! Pour l’utilisation des espaces publicitaires à des fins sociales (prévention, culture,…) et non commerciales !
– Pour ne plus laisser quelqu’un en détresse sans soutien : un plan d’investissement public d’aide aux victimes établi sur base des besoins!
– Pour ne plus laisser une victime de violence domestique sans possibilité de relogement : suffisamment de refuges d’urgence et de logements sociaux !
– Pour un investissement dans les soins de santé, dans les services publics et sociaux, et plus de logements abordables pour aider à sortir de situations violentes !
– Pour un investissement public massif dans l’enseignement, pour des classes plus petites, avec une éducation sexuelle inclusive et une éducation au consentement !
– Pour la reconnaissance administrative des identités trans, intersexe, et non binaire ainsi que la prise en charge des frais médicaux d’affirmation du genre !
– Pour ne plus être considéré.e.s comme des citoyen.ne.s de seconde zone et pour notre indépendance financière : des emplois décents, la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires ainsi qu’une augmentation généralisée des salaire !
– Allons chercher l’argent là où il est pour financer ce plan d’investissements : dans les poches des capitalistes ! On ne contrôle pas ce qu’on ne possède pas : nationalisation des secteurs-clés de l’économie sous contrôle et gestion démocratiques de la classe travailleuse !
– Pour davantage d’inclusivité des espaces publics, des services publics, ainsi que de l’écriture!
– Les luttes syndicales sont des luttes féministes ! Pour une intégration des luttes contre les oppressions dans les syndicats !
– Pour la solidarité entre personnes sexisées, queers, trans, racisées, neuroatypiques, non-valides, travailleuses, avec ou sans emploi, avec ou sans papier, immigrées, précaires, étudiantes, jeunes et âgées !
– Pour une société qui permet les moyens de s’aimer et de s’accomplir en tant qu’individu ; Pour une société socialiste démocratique contre la barbarie capitaliste et une économie démocratiquement planifiée au service des besoins humains et écologiques ; Pour une lutte féminisme socialiste révolutionnaire !
Les femmes, premières victimes des conflits
Les populations opprimées, comme les femmes, sont celles qui subissent le plus les conséquences de la guerre. La répression sanglante par l’impérialisme militaire de l’Etat d’Israël a causé la mort de 11 470 personnes dans la bande de Gaza, dont 4 707 enfants et plus de 3 155 femmes (source : UNICEF 20.11.2023). Les mouvements féministes socialistes doivent soutenir les peuples opprimés et qui luttent pour leur émancipation dans le monde.
Si l’on observe une détermination à maintenir les femmes dans des rôles précaires, et dans un climat sexiste et méprisant, c’est bien parce que les femmes ont un rôle puissant à jouer, qu’elles n’ont cessé de démontrer.
Dans le monde entier et à travers l’histoire, les femmes ont été au premier plan des luttes sociales. Durant la Première Intifada, entre 1987 et 1993, les femmes ont joué un rôle crucial dans l’organisation de la lutte contre la colonisation en Palestine. Les femmes travailleuses palestiniennes ont créé des comités pour décider des stratégies politiques de lutte dans la clandestinité : distribution secrète de tracts pour la grève générale, mise sur pied d’écoles auto-gérées, gestion du ravitaillement palestinien pour boycotter les produits alimentaires d’Israel, marches avec des femmes israeliennes, etc…
Cette lutte, organisée démocratiquement et basée sur des soulèvements populaires de solidarité et des actions de désobéissance civile, doit servir d’exemple et de rappel du type de lutte que nous devons promouvoir : une lutte démocratique, de solidarité entre les opprimé.es et les exploité.es au delà des frontières, et une lutte féministe socialiste révolutionnaire sans concession.