Solidarité contre le terrorisme et la haine! La répression ne résoudra rien!

Ce vendredi 13 octobre, un nouvel attentat a endeuillé le personnel enseignant et l’ensemble de la classe ouvrière française. Il est choquant et inadmissible que des enseignant.e.s puissent être attaqué.e.s et tué.e.s dans le cadre de leur travail, et que le personnel et les élèves viennent à l’école la boule au ventre en craignant que leur établissement soit la prochaine cible. 

Par Tiphaine S. (Alternative Socialiste Internationale, ASI-France)

Depuis deux décennies, les gouvernements successifs ont cyniquement utilisé le terrain de l’Éducation Nationale pour leur propagande raciste et islamophobe. Après cet attentat, leur réponse n’est que de durcir encore cette approche. Le racisme et la division n’aident en rien, ils ne font que renforcer la haine sur laquelle s’appuie également le terrorisme.

La CGT Educ’Action a déclaré qu’elle “refuse que ce drame soit récupéré à des fins politiciennes et  qu’il serve à la stigmatisation d’une partie de la population ou à imposer une politique réactionnaire, autoritaire et sécuritaire de l’Éducation”. Les déclarations de plusieurs autres syndicats d’enseignant.e,s s’opposent également à cette récupération. La droite a superbement ignoré cette demande.

Le gouvernement entend se servir de cet assassinat pour promouvoir et durcir son projet de “loi immigration”. Cette loi vise à simplifier les mesures d’expulsion et rendre plus difficile les demandes d’asile et les recours, mais aussi à faciliter le droit au séjour pour les “Etranger travaillant dans un métier en tension”, c’est à dire en manque de main d’oeuvre – en fait, faciliter les expulsions de personnes migrantes, sauf si le patronat a besoin d’eux.

Attaquer l’ensemble des personnes en situation irrégulière pour les crimes de quelques uns, en plus d’être d’une injustice crasse, ne pourra rien contre le terrorisme. Le mentor de Mohammed Mogouchkov est un certain Maxime Chateauneuf, qui ne vient pas d’un milieu musulman, s’est converti à l’Islam, puis s’est radicalisé en prison. Les enquêtes sur les groupes radicaux montrent qu’ils recrutent dans tous les milieux, y-compris des gens qui n’ont aucune attache avec l’Islam, en utilisant les mécanismes des discours sectaires.

La droite ne cherche pas une solution, et elle le sait. Elle ne fait qu’instrumentaliser ces attaques pour justifier ses lois racistes et sa répression du mouvement pro-palestinien. Le NPA et Danièle Obono sont maintenant attaqués pour “apologie du terrorisme” par ce gouvernement qui soutient la violence terroriste de l’Etat isaélien !

179 élèves sont saisis en justice pour avoir “perturbé” les minutes de silence en hommage à Dominique Bernard. Parmi ceux-ci, Attal parle de 68 cas d’apologie du terrorisme. Mais puisque ce terme est appliqué à ceux qui soutiennent la cause palestinienne, on ne sait pas combien ont simplement posé la question “pourquoi pas une minute de silence pour les morts palestiniens?” comme beaucoup d’enfants et d’adultes se le demandent.

Et parmi ceux qui soutiennent effectivement le terrorisme, aucune tentative n’est faite de les en détourner. Qu’espère obtenir Attal en les excluant et avec ses saisines, si ce n’est de les pousser encore plus dans cette voie?

La répression n’arrivera à rien contre le terrorisme. Son terreau, c’est l’aliénation, le sentiment d’exclusion, l’absence de perspectives. C’est ce même terreau qui génère les tueries dans les écoles aux USA – des dizaines par an malgré leur police militarisée et les agents de sécurité dans les écoles.

En luttant pour un meilleur avenir, et contre toutes les oppressions, le mouvement ouvrier peut saper la base des réseaux terroristes. Il offre la perspective d’une meilleure vie pour laquelle se battre ensemble, au-delà des divisions racistes ou sur base de religion. En mobilisant contre les mesures racistes, en impliquant les travailleurs et travailleuses de toutes origines, en organisant la solidarité entre les différentes luttes, les syndicats et la gauche ont un rôle crucial à jouer pour en finir avec toute cette haine.

Au terrorisme et à la haine, répondons par la solidarité de la classe travailleuse !

Israël-Palestine : Une nouvelle guerre éclate dans un contexte de normalisation de l’occupation et de l’état de siège

Photo: Mohammed Zaanoun, Activestills

Face au bain de sang, lutter pour une solution fondamentale

Les actions guerrières dramatiques de ce week-end – avec plus de mille morts jusqu’à présent – en Israël et dans la bande de Gaza ont ébranlé le monde. Cela pourrait être le début d’une plus grande instabilité et d’une guerre élargie. Voici un premier commentaire du Socialist Struggle Movement (Mouvement de lutte socialiste, section d’ASI en Israël-Palestine).

  • Solidarité avec celles et ceux qui ont perdu des proches ainsi qu’avec les hommes et les femmes ordinaires de toutes les communautés, des deux côtés de la barrière, qui font face aux horreurs de la guerre.
  • Au cœur de « l’échec » se trouvent l’arrogance de la politique gouvernementale de « gestion des conflits » ainsi que la normalisation de l’occupation et du siège, c’est ce qui a conduit à la guerre.
  • Ce qu’il faut, c’est une lutte pour arrêter la détérioration et mettre fin au siège, à l’occupation et à la pauvreté, dans le cadre d’une lutte pour une solution radicale aux cycles de conflits sans fin, dans le cadre du changement socialiste, sur la base de la garantie de l’égalité des droits à l’existence, à l’autodétermination, à la dignité et au bien-être.

Déclaration du Secrétariat du Mouvement de lutte socialiste (ISA en Israël-Palestine)

La guerre qui a éclaté samedi matin, avec une attaque surprise du Hamas d’une ampleur sans précédent (l’Opération Déluge d’Al-Aqsa) suivie d’une attaque dont on s’attend à ce qu’elle soit encore plus sanglante de la part du gouvernement Netanyahu (qui a officiellement déclaré l’état de guerre), continue de produire des événements horribles parmi les communautés, des deux côtés de la barrière. Ces événements sont d’une ampleur qui ne fait qu’empirer pour les habitants de la bande de Gaza, soumise au siège israélo-égyptien. Netanyahou a promis une « vengeance » qui transformerait « la ville du mal en une ville de décombres ».

Parallèlement, le nombre de morts résultant du massacre de centaines d’habitants des villes et communautés du sud d’Israël et des tirs de roquettes aveugles augmente, y compris dans les communautés bédouines où il n’y a pas d’abris. Entre-temps, l’escalade militaire s’est étendue à la frontière israélo-libanaise, avec des tirs de roquettes du Hezbollah, qui semblent être un message d’avertissement contre une éventuelle invasion israélienne de Gaza. La crise pourrait se poursuivre pendant des semaines et même dégénérer en guerre régionale.

Le choc, le chagrin et la peur règnent désormais parmi les habitants du district sud et d’autres districts d’Israël, et pas seulement parmi la population juive, et plus encore dans la bande de Gaza, au milieu des bombardements, alors que les habitants n’ont même pas d’abris ou de systèmes d’alerte aux missiles. Le Mouvement de lutte socialiste (ASI en Israël-Palestine) est solidaire de la population ordinaire, des parents des morts et des blessés de toutes les communautés, des deux côtés de la barrière, et des citoyens kidnappés. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le nombre de tués s’élève à plus de 700 dans le sud, issus de diverses communautés nationales, et à 500 dans la bande de Gaza. Tout cela alors que le gouvernement Netanyahou encourage la brutalité des punitions collectives, notamment en coupant l’électricité et en réduisant en ruines les bâtiments à Gaza. Il s’agit de terrorisme d’État.

L’ampleur sans précédent des enlèvements de dizaines d’Israéliens et d’Israéliennes dans la bande de Gaza avait pour but, selon le Hamas, de limiter la puissance de feu du régime israélien et de servir de moyen de négociation pour la libération des prisonniers palestiniens. L’enlèvement des civils, y compris des enfants et des femmes âgées, mérite d’être condamné. Ils et elles ne sont pas responsables de la politique brutale du régime israélien dans la bande de Gaza et à l’égard des Palestiniens. Cette politique – qui comprend l’incarcération massive, avec procès militaire ou sans procès du tout, y compris d’enfants et de résidents palestiniens qui cherchent à manifester et à s’opposer à l’occupation militaire – est également ce qui a motivé les enlèvements en premier lieu. Une intervention militaire visant à libérer les otages entraînerait un grand nombre de morts. Il faut exiger du gouvernement qu’il permette un accord rapide et complet sur les prisonniers dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu.

Nous appelons à une manifestation pour mettre fin à la guerre et aux politiques de punition collective et de « diviser pour régner », pour refuser de participer à une offensive de vengeance contre les habitants de Gaza, et pour lutter pour un changement profond de la réalité quotidienne, y compris la fin de l’occupation des territoires palestiniens et du siège de Gaza. De même, les appels à la grève de protestation et aux marches de la colère en Cisjordanie peuvent aider à construire la lutte nécessaire pour contester le statu quo – la dictature de l’occupation et du siège qui leur est imposée – tout en se préparant à l’autodéfense et à la protection des marcheurs et des résidents palestiniens.

L’escalade militaire dans le conflit national n’est pas venue de nulle part. Le soi-disant gouvernement de droite dirigé par Netanyahou, Ben Gabir et Smotrich a agi avec toute sa vigueur non seulement pour nier l’opposition de masse au plan de « coup d’État légal » conçu pour renforcer son pouvoir, mais aussi pour consolider l’occupation, le siège et les colonies imposés à des millions de Palestiniens. Tout cela dans l’ombre d’une prétention arrogante à maîtriser la « gestion des conflits » et d’une prétention cynique à la promotion de la paix régionale par le biais du processus de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite sous les auspices des États-Unis.

La crise guerrière aiguë et généralisée déclenchée ce samedi est survenue après deux cycles d’escalade militaire depuis la formation du gouvernement et après des années au cours desquelles la fréquence des cycles de conflit a augmenté en tant qu’expression de l’instabilité croissante de l’occupation et de l’état de siège. L’escalade actuelle présente des caractéristiques exceptionnelles qui marquent une nouvelle phase de confrontation.

Attaque surprise du Hamas

Le Hamas, que les gouvernements d’occupation capitalistes israéliens prétendent jusqu’à ce jour « dissuader » (récemment encore, le conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Tzachi Hanegbi, a déclaré que « le Hamas est très, très modéré ») a temporairement franchi les frontières du blocus militaire avec une force de plusieurs centaines d’hommes armés, dont certains sont même venus par la mer et en parapente. Ces forces ont pris le contrôle du quartier général de la division de Gaza de l’armée israélienne, ont confisqué des véhicules militaires et se sont barricadées dans un poste de police de la ville de Sderot, dans le sud du pays. En outre, parallèlement à des éléments de guerre partisane contre les forces militaires, elles ont pris le contrôle d’un certain nombre de communautés israéliennes pendant de longues heures (jusqu’à plus d’une journée) et, dans le même temps, elles ont également eu recours à des actes terroristes : assassinats aveugles de civils, y compris de participants à un festival de musique, et enlèvement de dizaines de civils.

En quelques heures, le Hamas a atteint ses objectifs politiques en réussissant, au-delà d’une démonstration de force, à compliquer la « normalisation » entre Israël et le régime saoudien, ainsi que l’Autorité palestinienne. Bien qu’il ne s’agisse pas du premier raid de l’aile militaire du Hamas au-dessus de la barrière de la bande de Gaza, c’est la plus grande démonstration de force militaire que le Hamas ait réalisée jusqu’à présent, avec un niveau de compétence et d’audace sans précédent, qui a également été enveloppé dans une rhétorique présentant l’opération comme une mesure de libération.

Au cours des premières heures, quelques habitants de la bande de Gaza ont profité de la levée temporaire du siège pour franchir la clôture et marcher, ne serait-ce qu’un instant, hors du plus grand camp de prisonniers du monde, avec un sentiment d’exaltation. Pour une masse de résidents de Gaza et pour de nombreux Palestiniens en général, la possibilité d’assister, ne serait-ce qu’un instant, à une rupture de la clôture du siège et à une démonstration de force contre le pouvoir qui les emprisonne, piétine leur vie et leur refuse l’indépendance nationale et toute possibilité d’accéder au territoire d’où leur famille est originaire – cette possibilité en soi peut susciter de la sympathie à l’égard des forces du Hamas, présentées dans ce contexte comme une « force protectrice ».

D’autre part, le régime israélien peut cyniquement profiter des dommages massifs causés aux civils israéliens pour entretenir le mythe selon lequel le blocus de la bande de Gaza est une politique « défensive » et mobiliser encore plus de « légitimité » pour tuer et détruire à grande échelle dans la bande de Gaza. Les deux millions d’habitants de la bande de Gaza vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et de détresse, 63 % d’entre eux souffrant d’insécurité alimentaire, sans eau potable, sans infrastructures de base et sans liberté de mouvement. Alors que le régime israélien exploite politiquement les préoccupations existentielles et sécuritaires de la classe ouvrière juive pour promouvoir, entre autres, l’oppression et les attaques contre les Palestiniens, les attaques quotidiennes, ainsi que la dévastation et le deuil laissés par les bombardements israéliens au fil des ans, ont créé en premier lieu des possibilités politiques pour le Hamas. Il a pu exploiter le soutien désespéré d’une partie de la population palestinienne, même pour des actions réactionnaires d’attaques aveugles contre la population civile.

En outre, étant donné que l’équilibre sanglant entre les victimes israéliennes et palestiniennes est souvent extrêmement asymétrique – avec des dizaines de morts palestiniens pour chaque mort israélien – les rares moments où l’on observe un équilibre numérique un peu plus « égal » peuvent en eux-mêmes renforcer le soutien désespéré au Hamas. Le Hamas peut se présenter comme ayant la capacité de « faire payer le prix », de se venger, voire de créer une dissuasion ou une force militaire capable de vaincre l’occupation et l’état de siège.

Les dirigeants du Hamas savent qu’ils ne sont certainement pas capables de vaincre militairement la plus grande puissance militaire de la région. Au fil des ans, comme il est typique d’un pouvoir doté d’un programme politique de droite et pro-capitaliste – qui met en œuvre l’oppression politique, les attaques contre les travailleurs et les pauvres de Gaza, l’oppression des femmes et des personnes LGBTQ et la coercition religieuse – les dirigeants du Hamas se sont appuyés sur leur dépendance à l’égard des régimes de la région et des puissances impérialistes, et même sur des accords de « coexistence » avec Israël. Cependant, le Hamas cherche à donner l’impression d’une victoire par le biais d’un défi militaire – contrairement à l’Autorité palestinienne et aux régimes arabes – selon un schéma qui ressemble à celui du Hezbollah qui, en 2006, a montré de son côté les limites de la puissance régionale d’Israël et a menacé dans le passé de s’emparer de communautés israéliennes, comme le Hamas l’a fait aujourd’hui.

Menaces de « victoire militaire décisive »

Le gouvernement Netanyahou, qui prétendait avoir prouvé sa capacité à dicter complètement l’ordre du jour du conflit national et à « dissuader » toute résistance, a maintenant été exposé à une perte dramatique (bien que partielle) de contrôle sur les événements. Il tente de reprendre l’initiative par des moyens militaires. Il menace de lancer une attaque prolongée et de grande envergure sur la bande de Gaza, essentiellement pour protéger l’ordre existant d’occupation et d’état de siège qui a précisément donné lieu à la crise actuelle.

Le ministre de la défense Galant menace de « briser la nuque du Hamas ». Cette menace est similaire à celle de Netanyahou lors de la campagne électorale de 2009, à savoir infliger une soi-disant « victoire militaire décisive ». Même avant cela, les gouvernements israéliens ont assassiné des dirigeants du Hamas et attaqué ses forces. Toutefois, entre les séries d’effusions de sang et le « rétablissement de la dissuasion », la capacité militaire relative du Hamas, bien que limitée, a augmenté et s’est développée au point que le régime israélien a été contraint de la prendre davantage en compte, tout en s’appuyant par défaut sur ses « accords » avec le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza afin de préserver et de maintenir l’ordre existant. Une tentative du régime israélien de « vaincre militairement le Hamas » sera non seulement incapable d’éliminer le mouvement Hamas, mais aura également des conséquences déstabilisatrices à grande échelle, et c’est pourquoi le message du gouvernement Netanyahou utilise des termes plus vagues.

La mobilisation des partis de l’establishment israélien de « l’opposition », qui se sont engagés à soutenir politiquement les politiques et les opérations militaires menées par la bande Netanyahou-Ben Gabir dans la crise actuelle, souligne leur responsabilité, y compris sous le gouvernement précédent, dans la situation actuelle. Les propositions de Lapid et de Gantz de réintégrer le gouvernement avec Netanyahou sous les auspices de la crise de la guerre – Lapid voulant remplacer les ministres d’extrême droite, tandis que Gantz est prêt à les avoir dans la coalition au pouvoir – prouvent par elles-mêmes qu’en fin de compte, les différences entre les partis sur les questions essentielles sont étroites.

Netanyahou, dont le gouvernement, jusqu’à la crise actuelle, s’appuyait sur le soutien d’une minorité distincte du public israélien, a saisi l’occasion de promouvoir un large accord de coalition avec les partis de Lapid et de Gantz, sans rompre avec les partis d’extrême-droite. Cela correspond à l’intérêt de la classe dirigeante d’essayer de limiter une influence « aventureuse » de la part des ministres d’extrême droite en réponse à ces événements, et est également cohérent avec les pressions exercées ces derniers temps par Washington, afin de faciliter un accord de normalisation avec le régime saoudien. Cependant, Netanyahou craint de se débarrasser de Ben Gvir et de Smotrich, car il est en concurrence avec eux pour une base de soutien similaire.

Le cœur de « l’échec » : la politique

La question de savoir « qui a tiré le premier » dans la dynamique qui a conduit au cycle actuel peut susciter des réponses différentes compte tenu de l’escalade actuelle des tensions nationales, mais elle passe en tout état de cause à côté des causes fondamentales de la guerre. De même, la question de « l’échec du renseignement » de l’armée israélienne, 50 ans après la guerre de 1973, détourne l’attention du point principal : la racine de la crise est l’application de l’ordre existant dans lequel le capitalisme israélien, disposant de la plus grande puissance militaire de la région, impose l’occupation et l’annexion et nie les droits fondamentaux, y compris le droit à l’autodétermination, de millions de Palestiniens.

Le soutien politique des gouvernements capitalistes du bloc impérialiste « occidental » aux actions militaires du gouvernement Netanyahou offre désormais une marge de manœuvre pour la poursuite du bain de sang et illustre une défense fondamentale du statu quo de l’occupation. La sécurité personnelle des gens ordinaires des deux côtés de la barrière non seulement ne les intéresse pas, mais est mise à mal à cause d’eux.

Déjà, depuis l’époque du précédent gouvernement Bennet-Lapid, le nombre de morts palestiniens a connu une forte tendance à l’escalade et a battu un record de 20 ans. Les maisons palestiniennes en Cisjordanie ont été détruites à un rythme accéléré ; les attaques de l’État et des colons visant à déraciner les communautés palestiniennes se sont poursuivies, de même qu’une augmentation des provocations nationalistes religieuses par des éléments juifs de droite promouvant une guerre religieuse avec le soutien de l’État autour de la mosquée d’Al-Aqsa. La crise économique a intensifié la pression de la vie sous l’occupation. Cependant, le gouvernement Netanyahu-Ben Gabir a adopté une ligne encore plus dure à l’encontre de toute concession aux Palestiniens et a cherché à enterrer toute idée d’indépendance palestinienne.

Simultanément, avec le développement des actions de protestation populaire et des conflits armés, les directions du Hamas et du Jihad islamique, sous les auspices du Hezbollah et de l’Iran, se sont efforcées de se présenter comme plus efficaces dans la confrontation contre l’occupation que le Fatah et l’Autorité palestinienne – qui traverse une crise de légitimité aiguë en raison de son rôle réel de sous-traitant de l’occupation. Face au nouveau gouvernement israélien de Netanyahou, le Hamas et le Jihad islamique ont annoncé cette année qu’ils agiraient comme un seul front dans la confrontation avec Israël, même si la direction du Hamas a préféré ne pas entrer dans un conflit direct avec Israël lors de l’embrasement de mai dernier dans la bande de Gaza et des raids de juillet en Cisjordanie. Cependant, il y a deux semaines, le 24 septembre, les dirigeants du Hamas, du Jihad islamique et du « Front populaire » ont annoncé, lors d’une réunion à Beyrouth, qu’ils renforceraient leur coordination afin d’intensifier les actions en réponse à l’agression du régime d’occupation.

La crise dans la bande de Gaza et les protestations contre la barrière

Cette annonce est intervenue au milieu d’une nouvelle série de manifestations palestiniennes sur la barrière de Gaza, qui ont été accueillies par une répression militaire. Le régime israélien craignait que les manifestations ne deviennent incontrôlables. Une évolution dans le sens d’une lutte de masse représente un risque plus fondamental pour le régime que des séries de confrontations militaires, surtout si l’on considère la capacité accrue d’un mouvement de masse à susciter des échos et de la sympathie au niveau régional et mondial, et même à influencer les travailleurs et les jeunes au sein de la population juive. Mais en général, le régime israélien craint une déstabilisation et le développement de conflits dans d’autres domaines, ce qui ferait pression sur Riyad pour qu’il ne conclue pas d’accord de normalisation.

Cette crainte d’une déstabilisation a également, à maintes reprises au cours des derniers mois, conduit les chefs de l’establishment militaro-sécuritaire, en coordination avec Netanyahu et Gallant, à intervenir pour freiner l’extrême droite, en particulier avec les tentatives de Ben Gabir de faire avancer les attaques sur les conditions des prisonniers palestiniens. Le 29 septembre, le journal libanais Al-Akhbar a rapporté que le gouvernement israélien, avec la médiation égypto-qatarie, avait apparemment accepté un « retour aux accords précédents », une nouvelle augmentation symbolique des fonds d’aide qataris à Gaza, ainsi que le quota de travailleurs de la bande de Gaza entrant en Israël, l’expansion de la zone de pêche sur le littoral de Gaza, et des quotas d’exportation et d’importation. Apparemment, les forces militaires israéliennes ont ensuite été détournées de la bande de Gaza vers la Cisjordanie, ce qui a permis au Hamas d’exécuter plus facilement son plan en bénéficiant de l’effet de surprise militaire.

Alors que l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah a fait part de sa volonté de coopérer à la normalisation israélo-saoudienne, le prince héritier saoudien Bin Salman a fait savoir que tant que rien ne s’y opposerait, les conditions des concessions israéliennes aux Palestiniens ne constitueraient pas des obstacles à la conclusion d’un accord. Cette insinuation, ainsi que l’aggravation de la crise dans la bande de Gaza, malgré les apparentes compréhensions, ont apparemment fait pencher la balance pour que les dirigeants du Hamas interviennent militairement à une échelle sans précédent dans le but d’accroître la pression sur Israël en « changeant l’équation ». Il s’agissait de démontrer la capacité à faire payer un prix plus élevé par des moyens militaires, notamment en perturbant le processus de normalisation, et, ce faisant, de créer une fausse impression politique de progrès dans la lutte contre le siège et l’occupation.

Construire une lutte et promouvoir une issue

Il est important de souligner que, face à un siège et à une occupation, ainsi qu’à une éventuelle invasion militaire, les habitants ont le droit de lutter contre les attaques dont ils font l’objet et de s’organiser pour se défendre, y compris par le biais d’une guerre de partisans. De nombreux Palestiniens ont dû être heureux de voir la destruction symbolique d’un certain nombre de véhicules militaires israéliens, compte tenu de la destruction, du deuil et de la détresse auxquels ils sont confrontés depuis des années dans la bande de Gaza.

Mais il y a une différence entre une telle résistance – qui peut se développer de la manière la plus bénéfique lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie de construction d’une lutte de masse nécessaire aujourd’hui, et sous le contrôle démocratique de comités d’action élus (ce qui n’est pas compatible avec le programme politique et la stratégie du Hamas) – et les tirs aveugles ainsi que le fait de blesser la population civile, en particulier les femmes et les hommes travailleurs et pauvres de toute communauté nationale. Les attaques militaires du Hamas contre les travailleurs et les pauvres non seulement ne favorisent pas la libération du blocus et de l’oppression nationale, mais servent politiquement d’excuse à l’establishment israélien pour mobiliser le soutien en faveur d’attaques encore plus barbares contre les Palestiniens assiégés et occupés.

Le ministre de la sécurité nationale, Ben Gabir, a déclaré un « état d’urgence sur le front intérieur », qui étend les pouvoirs de la police dans la sphère publique. Cette mesure pourrait également être utilisée pour accroître les persécutions politiques en général, et contre les activistes arabo-palestiniens en particulier. En arrière-plan, des rapports font état de militants d’extrême-droite qui cherchent à profiter de la crise pour attiser le schisme national et promouvoir des attaques contre la communauté arabo-palestinienne. Il est nécessaire d’organiser une lutte intercommunautaire contre les tentatives de l’extrême droite de promouvoir des attaques racistes et des affrontements nationalistes dans les rues des villes, et contre le gouvernement qui nourrit régulièrement ces éléments et leur donne une sécurité politique accrue à travers toutes ses politiques.

Le fait que le gouvernement Netanyahou ait été confronté jusqu’à la crise actuelle à un mouvement de masse implique la possibilité, plus tard, de développer une large réponse de protestation avec des critiques sur les échecs et la responsabilité de cette guerre. Cependant, l’ »opposition » officielle et la direction autoproclamée du mouvement de masse, qui agit au nom des capitalistes et des généraux qui profitent cyniquement de la lutte de masse contre le « coup d’État légal », se sont alignées sur le soutien politique au gouvernement et au bombardement des habitants de Gaza, et ont appelé à un gel des manifestations.

Il est nécessaire de promouvoir la protestation et la lutte maintenant afin de montrer la direction nécessaire pour arrêter le bain de sang et résoudre les problèmes qui ont conduit à la guerre. Suite à l’expérience des événements de mai 2021, des actes de protestation et de lutte sont maintenant nécessaires – tels que la « grève de la dignité » palestinienne à l’époque, des manifestations de solidarité intercommunautaires sur les lieux de travail et dans les écoles, des piquets de protestation, des réunions syndicales pour prendre position – contre l’escalade militaire, contre les bombardements à Gaza, contre la politique de « Diviser pour régner », et contre la poursuite du siège et de l’occupation. Compte tenu de l’ensemble des politiques d’oppression nationale, de crimes de guerre et d’inégalité promues par les gouvernements capitalistes de droite, il est nécessaire de mettre à l’ordre du jour l’horizon d’une issue, pour la solution des problèmes fondamentaux, dans le contexte d’une lutte pour un changement socialiste dans la région, sur la base de la garantie de droits égaux à l’existence, à l’autodétermination et à la vie dans la dignité et le bien-être.

Précarité, crise climatique, racisme, sexisme…C’est tout le système qui est coupable !

Alors que les cours reprennent, la précarité étudiante perdure et s’aggrave. Les étudiant·es sont parmi les plus touché·es par l’inflation et les difficultés économiques. Plus que jamais, nous étudiant·es devons nous serrer les coudes et lutter ensemble pour nos droits !

L’époque que nous vivons est angoissante, et pleine d’incertitudes. Le gouvernement échoue depuis des décennies à répondre à la crise climatique, aux crises économiques et aux violences racistes, sexistes, validistes, et LGBTQIA+phobes. La France a été condamnée par des instances judiciaires de renoms comme le tribunal administratif de Paris en 2021 pour inaction climatique, ou encore l’ONU en 2023 pour discriminations racistes et violences policières. La majorité des jeunes de 11 à 25 ans, et notamment les étudiant·es, souffrent de mal être et de troubles anxieux et/ou dépressifs. L’organisation injuste et oppressive de la répartition des ressources poursuit, dans sa lente l’agonie, une logique dépassée et destructrice du bien-être de la planète et de ses habitant·es.

Les jeunes dans la misère

Face à l’augmentation du coût de la vie, près de 40% des étudiant·es en France ont une activité rémunérée à côté de leurs études. Selon l’Observatoire national de la Vie Étudiante, ielles augmentent ainsi leurs risques d’échec scolaire et d’abandon des études. De plus, ces jobs étudiants sont bien trop souvent précaires, avec des statuts offrant peu ou pas de droits : vacataires, indépendants, soit disant ‘entrepreneurs’ pour les livreurs à domicile, etc…La situation à Paris est scandaleuse avec des loyers mirobolants et des chambres étudiantes minuscules.

Le capitalisme a prouvé à maintes reprises son incapacité à agir sur ces constatations accablantes, et en est même la force motrice. La logique de rentabilité instaurée par le système capitaliste n’offre aucune place aux préoccupations pour le bien-être des personnes. Les prix sont dictés par les cours du marché et la stratégie néolibérale du gouvernement d’Emmanuel Macron laisse libre cours aux excès. Alors que des étudiant·es se privent de repas le midi, aucune mesure politique n’est prise pour endiguer durablement la crise écologique, économique et sanitaire des étudiant·es.

Actuellement, la survie de milliers d’étudiant·es et de travailleur·euses dépend d’actes de solidarité bénévoles, qui peinent d’ailleurs à se maintenir. C’est le cas des Restos du Coeur, qui ont annoncé début septembre le risque de fermeture de l’association face à l’augmentation de la demande d’aide et le manque de financement. Bernard Arnault, opportunément généreux, a récemment fait don de 10 millions d’euros aux Restos. Notre survie ne devrait pas dépendre des bonnes grâces d’un milliardaire qui a été épinglé par la cours des comptes en 2018 pour un évitement fiscal de 518 millions d’euros ! La solidarité doit être financée par des services publics et démocratiques, aux mains des premier·es concerné·es.

Tout ce qui nous divise nous affaiblit !

Dans cette atmosphère tendue et éprouvante, l’extrême droite veut se faire une place. Elle profite des crises, du désespoir, et des tensions de la société ambiante pour avancer son programme inégalitaire qui exclut, discrimine et accuse les minorités des maux de notre temps, quand ces derniers n’ont en réalité d’autres sources que le système économique actuel, le capitalisme. En vérité, elle ne propose aucune alternative crédible et durable face aux problématiques sociétales et environnementales de notre siècle.

Les groupuscules de droite et d’extrême droite comme la Cocarde étudiante misent sur la peur et un discours identitaire et xénophobe pour glisser leurs tracts dans les mains des étudiant·es. Les idées et les actions violentes de ces organismes freinent une mobilisation étudiante solidaire et organisée et ne rendent en aucun cas service à la cause des étudiant·es face à la précarité. En fait, elles se font même l’alliée du pouvoir en place en tentant d’empêcher les étudiant·es de revendiquer leurs droits, comme lors de leurs tentatives de sabotage des manifestations et blocages étudiants contre la réforme des retraites de mars à juin dernier. Leurs alliances avec d’autres groupuscules d’extrême droite à Paris font l’objet d’une longue liste qui ne tiendrait pas dans un seul tract.

L’extrême droite n’a pas sa place dans nos universités ! La réponse n’est pas dans la division et la peur des autres.

Contre le capitalisme, pour une alternative socialiste révolutionnaire !

Nous comprenons que le capitalisme utilise la division, l’exploitation et l’oppression pour maintenir la classe travailleuse la plus éparpillée et inorganisée possible. Les idées et les attitudes discriminantes ne sont pas dans l’intérêt des personnes de la classe travailleuse et seule une lutte unie et inclusive peut s’attaquer avec une chance de succès aux violences endémiques à l’encontre des personnes opprimées (femmes, personnes LGBTQIA+, personnes racisées, personnes en situation de handicap, personnes sans revenus, etc.).

L’alternative à ce système mortifère se trouve dans le socialisme révolutionnaire, dans une bascule des rapports de pouvoir entre celleux qui possèdent les richesses et celleux qui les créent. Alternative Socialiste Internationale (ASI) lutte pour une solidarité mondiale, et participe à l’organisation de la lutte commune de la classe travailleuse tout autour du globe. La précarité étudiante ne se limite malheureusement pas à la France et est présente dans le monde entier.

  • Etudier, c’est un travail ! Pour un salaire étudiant sans condition.
  • Pour une université publique au service des étudiant·es et un enseignement réellement gratuit et de qualité.
  • Pour un plan public de rénovation et de construction de logements sociaux à hauteur des besoins, dans le cadre d’un plan global de rénovation et d’isolation des bâtiments, quartier par quartier, pour drastiquement diminuer les émissions issues de l’énergie utilisée dans le bâti. Les bâtiments inoccupés pour raison spéculative doivent être de toute urgence expropriés.
  • Pour un plan d’investissements publics massifs dans les secteurs du soin et du lien, les transports publics durables, les mesures de protection du climat, etc. Nous voulons une société qui ne laisse personne sur le bord du chemin !
  • Un emploi garanti et du temps pour vivre : pour une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. Pour l’indépendance économique des femmes et la fin des emplois précaires.
  • Pour la saisie des richesses des milliardaires et la réintroduction de l’ISF.
  • Pour l’expropriation, la nationalisation sous contrôle et gestion démocratiques ainsi que la reconversion des industries polluantes et non socialement utiles, avec garantie de revenu et amélioration des conditions de travail pour le personnel dans le cadre de leur reconversion. Pour la nationalisation sous contrôle et gestion démocratiques des secteurs clés de l’économie (finance, secteur pharmaceutique,…).
  • Pour la planification démocratique et socialiste de l’économie, à partir des besoins humains et dans le respect de la planète, pour en finir avec le gaspillage monumental de l’économie de marché basée sur la concurrence et le profit.
  • La 5ème République s’est avérée être une république qui ne fonctionne que pour les riches, nous défendons la constitution véritable démocratie, reposant sur une assemblée constituante révolutionnaire démocratique basée sur les délégués élus par des comités de lutte dans les quartiers, les lieux de travail, les universités et les écoles comme étape nécessaire vers un gouvernement ouvrier véritablement démocratique
    Nous, étudiant·es, sommes en colère, et fatigué·es de subir la précarité !
    A tou·tes les étudiant·es, soutenons-nous tout au long de l’année, et restons aux aguets face aux manifestations de l’extrême droite dans nos universités. Rejoignez d’autres étudiant·es et des travailleur·euses qui comme vous, luttent pour les droits des étudiant·es, et pour une société juste non pas basée sur des rapports de domination.
    Profite de cette rentrée pour t’engager ! Contacte-nous pour faire avancer la cause d’une université publique et d’une société inclusive, démocratique, et égalitaire !

Rejoignez Alternative Socialiste Internationale !
Nous pensons que la bataille contre le système et pour une alternative sociétale doit se mener à l’échelle la plus large, et c’est pourquoi nous sommes présents dans plus de 30 pays sur tous les continents : en Europe bien sûr, mais aussi par exemple au Brésil, au Chili, au Mexique, aux USA, au Québec, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Israël/Palestine, et aussi en Chine, où nous luttons contre la dictature meurtrière du PCC. Depuis plusieurs décennies, nous avons construit une expérience de lutte contre des régimes autoritaires et oppresseurs sur place, comme contre le régime sud-africain de l’apartheid, et aujourd’hui contre le régime de Poutine en Russie. Notre parti mondial n’est pas une addition d’organisations nationales qui entretiennent des relations lointaines. Nous construisons un véritable parti mondial avec des sections nationales qui se voient régulièrement, discutent en dressent ensemble des analyses et des conclusions pour la construction de notre organisation internationale et dans ses sections.

ASI/ISA France : alternative.soc.internationale@gmail.com

5 octobre 19h30 – Réunion online : Racisme et oppressions : du massacre des Algérien.nes du 17 octobre 1961 à Paris au meurtre de Nahel – c’est tout le système qui est coupable !
Utilisons la colère et la combativité du mouvement sur les retraites pour construire une lutte unifiée contre l’exploitation et l’oppression
Avec Alain Mandiki, militant syndical et politique, membre d’ASI en Belgique et auteur du livre “1994, Génocide au Rwanda. Une analyse marxiste”

Lien zoom ici : https://linktr.ee/asi_france

Marine Le Pen, grande gagnante du mouvement contre la réforme des retraites ?

Combattre l’extrême droite par la lutte sociale, dès septembre!

Mi-juin, l’intersyndicale a acté la fin du mouvement contre la réforme des retraites. Un puissant mouvement social, qui n’a pas obtenu le retrait de la réforme, mais qui a pesé et va peser lourdement sur l’atmosphère sociale et politique durant les 4 années de mandat qu’il reste à Macron.

Depuis avril, on assiste à un certain retour des thèmes de la droite et de l’extrême droite. Situation renforcée début juin par l’attaque au couteau par un réfugié syrien à Annecy, qui a blessé 6 personnes, dont 4 enfants. Le fait que l’assaillant ait crié « Au nom de Jésus-Christ ! » n’a pas freiné la droite et l’extrême droite dans sa tentative d’ajouter de l’huile raciste sur le feu.

Marine Le Pen, un colosse aux pieds d’argile

Selon les sondages, Le Pen l’emporterait aujourd’hui contre Macron. Ce n’est pas surprenant. Qu’elle soit considérée comme l’opposante par excellence, plutôt que la France Insoumise, c’est le but de Macron et de ses ministres. C’est la raison pour laquelle les macronistes distillent le plus consciemment le racisme et la division, avec notamment la loi JO 2024, la future loi immigration et l’opération militaire raciste anti-migrants comoriens à Mayotte (« l’Opération Wuambushu »).

La popularité de Le Pen repose en fait essentiellement sur la détestation généralisée de Macron, sur son image prétendument « anti-système », sur ses éléments de programme (faussement) sociaux et, bien sûr, sur la faiblesse d’une véritable alternative de gauche.

Une couche non négligeable de travailleurs et travailleuses a tendance à estimer – à tort – que le Rassemblement National s’est adouci en matière de racisme et que son vernis social n’est pas qu’un attrape-voix. Mais soyons clairs : son projet politique reste clairement d’extrême droite. Il repose sur l’admiration des régimes autoritaires et vise à appliquer une politique sévèrement raciste, antisociale, anti-femmes et anti-LGBTQIA+.

L’extrême droite se nourrit du désespoir et du manque de perspectives sans y apporter la moindre solution. Mais parallèlement, le puissant mouvement social de cette année 2023 a poussé Marine Le Pen dans un coin du ring. Elle s’est vue forcée de se déclarer opposée à la réforme sans pouvoir apporter un soutien réel à la lutte car ses intentions sont à l’exact opposé des intérêts de la classe travailleuse.

Elle a tout à gagner de l’essoufflement du mouvement social. Les solutions institutionnelles régulièrement défendues par les directions syndicales et la gauche parlementaire sont à son avantage. Les institutions sont façonnées pour déraciner la colère de la rue et des piquets de grève afin de la laisser s’éteindre dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Leur raison d’être est d’affaiblir le potentiel de l’action collective de la classe ouvrière. L’extrême droite se nourrit des frustrations qui en découlent.

L’antidote de la lutte sociale

En dépit de tous les efforts de l’establishment, la situation diffère totalement d’il y a deux ans, lors de la « hype » Zemmour. Les thèmes sociaux, sur les salaires d’abord et puis sur les retraites, ont unifié dans la lutte les différentes couches du mouvement ouvrier.

Même si Le Pen était élue aujourd’hui, le rapport de forces actuel davantage favorable au mouvement des travailleur.euse.s ne lui laisserait pas beaucoup d’espace pour appliquer son programme. Mais il est certain qu’elle ferait tout pour nourrir les orientations sexistes, LGBTQIA+phobes et racistes dans nos rangs et que cela encouragerait les intimidations et actes de violence néofascistes.

Le rapport de forces créé par la lutte contre la réforme des retraites rend difficile aux directions syndicales de prendre les combats suivants trop à la légère. Le potentiel de lutte va rester explosif, avec une avant-garde renforcée numériquement et qualitativement au côté de couches larges de travailleurs et travailleuses enrichies par ce combat historique et qui ont repris confiance dans la force de la lutte collective.

C’est dès septembre que le combat doit recommencer, et c’est cet été que la bataille doit être préparée, en tirant collectivement les leçons politiques et syndicales des mois de lutte qui viennent de se dérouler.

Appel financier – Aidez-nous à construire une Alternative Socialiste Internationale dans de nouvelles parties du monde !

Afin de poursuivre nos progrès et d’avoir un impact plus important, nous lançons un appel financier avec un objectif de 75.000€. Pouvez-vous nous aider à atteindre notre objectif en faisant maintenant un don ?

Le monde se polarise. Avec des mouvements révolutionnaires et contre-révolutionnaires partout dans le monde, Alternative Socialiste Internationale a l’opportunité de construire et de se développer dans de nouveaux territoires où nous n’avions pas de sections auparavant, ou dans lesquels les sections peuvent être renforcées par la croissance supplémentaire de nos sympathisant.e.s et de nos groupes. Nous voulons que vous jouiez votre rôle dans cette dynamique ! Voici quelques exemples du travail important que nous accomplissons dans diverses parties du monde pour construire la lutte pour le socialisme.

En Italie, nous avons une organisation naissante qui fait un travail de pionnier pour construire une nouvelle organisation révolutionnaire qui peut lutter contre la politique d’extrême droite, raciste et LGBTQIA+phobe de Georgia Meloni et des Fratelli D’Italia.

En Inde, nous avons maintenant établi un groupe de base et, au cours des derniers mois, nous avons pu lancer le premier numéro du journal d’ASI India. Cette jeune organisation révolutionnaire est récemment inspirée du travail réalisé à Seattle, aux Etats-Unis, pour faire passer la première interdiction de la discrimination de caste en dehors de l’Asie du Sud, sous la direction de Kshama Sawant et d’autres militant.e.s de Socialist Alternative. Le fait que nous luttions contre l’oppression sur une base internationale peut nous aider à développer ce petit groupe de membres.

Dans plusieurs pays du monde et surtout en Autriche, nous avons contribué à la mise en place de groupes de solidarité et de manifestations en faveur du mouvement « Femme, vie, liberté » en Iran. Notre approche a attiré de nouvelles personnes vers ASI, notamment au Moyen-Orient, et nous avons rapidement fait traduire notre matériel en farsi et l’avons publié pour aider à faire passer un cap au mouvement révolutionnaire, attirant également un certain nombre d’Iranien.e.s, de Kurdes et de Baloutches vers ASI.

En Amérique latine, nous avons été à l’avant-garde de nombreuses luttes. Au Brésil, nous avons mené un travail dans les rues pour faire tomber Bolsonaro, tout en soulignant les limites du programme restreint de Lula et en mobilisant la classe ouvrière contre la tentative de coup d’État de Bolsonaro en début 2023. Nous avons également lancé Feministas Antiracistas Socialistas (Féministes antiracistes socialistes) pour construire une lutte unifiée et puissante pour la classe ouvrière qui soutient les revendications des femmes, des noirs, des indigènes, des trans, des lesbiennes, des bisexuels et des autres personnes opprimées, dans la lutte contre l’oppression inhérente au capitalisme.

En Argentine, où nous avons un petit nombre de sympathisant.e.s, nous avons lancé des appels en faveur d’une alternative politique large et unie pour la classe travailleuse, afin de stimuler la mobilisation et la lutte pour une grève générale, qui sera nécessaire pour résister aux mesures d’austérité qui ne manqueront pas de suivre le vainqueur des élections d’octobre, quel qu’il soit.

Au Mexique, d’un seul membre lors de la fondation d’ASI, nous avons maintenant plus de 30 membres qui luttent pour les idées socialistes et les diffusent. Notre jeune section s’est engagée dans de nombreuses luttes importantes pour combattre la crise du coût de la vie, exiger un avortement gratuit, sûr et légal dans tout le pays, défendre le climat et améliorer les conditions de vie dans les écoles. Ils ont construit le type de mouvements de base qui ont réellement le pouvoir de gagner les réformes proposées par le président Lopez-Obrador, telles que la renationalisation du secteur de l’énergie, dont le mouvement a finalement été démobilisé par Obrador lui-même. L’année dernière, nos membres de la ville de Saltillo, dans le nord du pays, ont mené une campagne pour lutter contre l’augmentation des tarifs des transports publics et ont remporté des victoires telles que la création d’ateliers pour former les chauffeurs de bus à la prévention de la violence sexiste, de nouveaux arrêts de bus accessibles aux fauteuils roulants, et un comité composé de membres de la communauté et de chauffeurs pour superviser le service de transport public et toute augmentation future des tarifs.

Au cours des derniers mois, ASI, et plus particulièrement notre section belge, a accordé une place considérable à notre travail en France. Avec nos quelques membres et sympathisant.e.s en France, nous avons participé au mouvement historique contre la réforme des retraites de Macron, en intervenant dans la plupart des journées nationales de grève et de manifestations et en discutant des leçons à tirer sur la manière de faire avancer le mouvement.

De même, au Portugal, les grèves massives dans le secteur de l’éducation nous ont conduits à envoyer des délégations pour participer et intervenir dans les grandes manifestations, en nous permettant d’obtenir les coordonnées de personnes intéressées pour adhérer à ASI.

Sur le continent africain, nous avons plusieurs sections et groupes qui luttent pour des mouvements socialistes révolutionnaires de la classe travailleuse en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, au Nigéria et en Tunisie. Nombre de ces pays sont confrontés à des conditions difficiles, avec des coupures d’électricité dues à des problèmes énergétiques, exacerbés par la crise climatique, ainsi qu’à la crise du coût de la vie qui touche le monde néocolonial de manière beaucoup plus aiguë. ASI aide à financer ces sections pour qu’elles se construisent, non seulement là où nous avons déjà des membres, mais aussi dans de nouveaux endroits où nous devons d’urgence construire les forces du mouvement socialiste. Par exemple en Ouganda, où une loi a récemment été adoptée qui interdit les relations LGBTQ+ sous peine de mort. Nous devons contribuer à l’organisation de la lutte contre ces régimes oppressifs intrinsèques au capitalisme !

Si vous pensez qu’il est urgent d’étendre le mouvement socialiste à de nouvelles régions du globe, alors n’hésitez pas à faire un don unique ou mensuel à Alternative Socialiste Internationale pour soutenir notre travail de construction dans de nouvelles régions.

Une grande partie de notre travail est basé sur notre orientation vers le féminisme socialiste. La conscience, en particulier chez les jeunes, subit une transformation des idées sur l’oppression. Avec la montée de la polarisation des idées sur les discriminations et la violence fondées sur le genre et le sexe, illustrée par des personnes comme Andrew Tate qui répandent une immonde bile misogyne, le travail féministe socialiste est extrêmement important pour ASI.

Nous comprenons que le capitalisme utilise la division et l’oppression pour maintenir la classe travailleuse divisée. Nous comprenons que les idées et les attitudes sexistes ne sont pas dans l’intérêt des hommes de la classe travailleuse et que seule une lutte unie de notre classe peut s’attaquer aux violences endémiques à l’encontre des femmes, des trans, des queers et des personnes non-binaires. C’est dans ce contexte qu’en mars, nous avons organisé la première conférence féministe socialiste internationale ROSA à Vienne, en Autriche. Il s’agissait de la première rencontre internationale de féministes socialistes depuis plus d’un siècle, et elle a rassemblé plus de 200 combattant.e.s de la classe ouvrière de 20 pays des 5 continents qui comprennent l’importance de lier les idées féministes socialistes à la lutte de la classe ouvrière. Ce fut une conférence vibrante et un succès massif, qui a donné un coup de fouet à tou.te.s celleux qui y ont participé, que ce soit en personne ou online, et qui a fourni de nombreuses idées pour continuer à élargir et à approfondir notre travail féministe socialiste.

Il a également permis d’établir des liens avec des féministes socialistes cherchant à s’organiser et à travailler avec des militant.e.s d’ASI et ROSA au niveau international. Des féministes de Hongrie et de République Tchèque se sont rendues à Vienne et d’autres de Roumanie ont participé en ligne – toutes cherchaient à s’organiser davantage en tant que féministes socialistes internationales. Depuis la conférence, il y a eu des réunions online avec beaucoup de ces militantes, y compris la planification d’une déclaration commune pour la Pride des différents groupes de la région aux côtés de ROSA – tous ces développements sont réellement positifs du point de vue de la diffusion d’un féminisme de la classe ouvrière, combatif et socialiste dont le besoin est si urgent.

Qu’il s’agisse de la plus grande vague de grèves en Grande-Bretagne depuis plus de trente ans, des deux grèves générales qui ont paralysé le Sri Lanka l’année dernière ou du plus grand mouvement social en France depuis 1968, bien qu’à un niveau différent, contre la « réforme » des retraites (qui s’est étendue contre Macron et tout ce qu’il représente), de nombreux mouvements ont agi comme un paratonnerre, non seulement pour la lutte des classes dans ces régions, mais aussi pour les travailleur.euse.s et les jeunes du monde entier qui regardent avec solidarité et commencent à travailler pour construire des mouvements de la classe ouvrière similaires.

L’exemple des travailleurs et travailleuses de l’énergie en France, qui ont lancé des actions « Robin des Bois » pour couper l’énergie aux entreprises financières et multinationales et distribuer gratuitement le gaz et l’électricité aux écoles, aux universités et aux ménages à faibles revenus dans tout le pays, montre le type de méthodes que la classe ouvrière emploierait lorsqu’elle prendrait le contrôle.

L’énorme mouvement révolutionnaire en Iran après l’assassinat de Jina (Mahsa) Amini a servi de référence héroïque à toutes les personnes opprimées dans le monde, pour montrer que même dans l’un des États les plus répressifs de la planète, une contre-attaque peut être menée.

Le mouvement de protestation historique en Israël-Palestine, qui a connu une grève politique générale sans précédent, dans le cadre de la lutte de masse contre le « coup d’État judiciaire », a pu mettre un terme aux plans de Netenyahu, même si ce n’est que pour un temps, pendant que les forces de droite se reconstituent. Notre section en Israël-Palestine a joué un rôle clé dans les manifestations en proposant un programme socialiste, qui a attiré de nombreuses nouvelles personnes intéressées à se joindre à nous. Mais la droite tentera de lancer d’autres attaques à l’avenir, et il est donc impératif que nous nous organisions pour construire notre section en vue des prochains cycles de lutte.

Le regain d’intérêt pour la lutte contre le changement climatique au niveau mondial, qui s’explique par la pandémie de Covid-19, place à juste titre la question du climat au centre des préoccupations des jeunes et des travailleur.euse.s. Face à l’incapacité du capitalisme à fournir une quelconque solution à la destruction de la planète, il est impératif que ce mouvement cherche à unir le vaste mouvement de protestation de la jeunesse avec la classe ouvrière au sens large, en liant les demandes de transition vers les technologies vertes aux demandes de transition des emplois vers ces secteurs, sans perte de salaire, et en luttant pour un contrôle démocratique des travailleurs et travailleuses sur les secteurs clés de l’économie.

Ce n’est que dans le cadre d’une propriété et d’une planification démocratiques que nous pourrons commencer à réduire les effets du réchauffement climatique que nous observons non seulement dans le monde néocolonial, mais aussi dans les pays capitalistes avancés, avec des sécheresses, des incendies de forêt et des inondations en Europe et aux États-Unis. Cette situation ne fera qu’empirer avec les rapports indiquant que le phénomène El Niño, qui approche à grands pas, entraînera des températures caniculaires sans précédent à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies, les cinq prochaines années seront très certainement la période la plus chaude jamais enregistrée.

La nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine est le facteur déterminant de la nouvelle ère et nous construisons nos forces sur les deux fronts. Notre travail en Chine et à Hong Kong est considérablement compliqué par la répression brutale de la dictature, qui exige des dépenses supplémentaires pour diverses mesures de sécurité. Il en va de même pour notre travail en Russie, où la répression s’est intensifiée après le déclenchement de la guerre brutale contre l’Ukraine. Protéger les militant.e.s socialistes anti-guerre de la répression en Russie ou les aider à fuir le pays a été une intervention très nécessaire, mais aussi très coûteuse.

Le travail d’ASI dans le monde entier est essentiel pour lutter contre l’oppression, pour améliorer les salaires et les conditions de travail de la classe travailleuse et pour trouver une solution socialiste à la crise climatique. Ce n’est qu’en remplaçant le capitalisme par un système socialiste que nous pouvons espérer vaincre l’oppression, le changement climatique et la guerre.

Les enjeux sont plus graves que jamais, et nous avons besoin de votre aide pour construire la lutte pour le socialisme. Rejoignez ASI ou faites un don pour soutenir notre travail !

Notre tâche de construire ASI aujourd’hui repose sur les fondations d’une riche histoire de lutte. Nous venons de célébrer le cinquantième anniversaire de la fondation d’Offensiv (ASI en Suède), qui lutte depuis lors pour un socialisme révolutionnaire en Suède. Nous avons récemment changé notre nom de Rättvisepartiet Socialisterna en Socialistiskt Alternativ (Alternative socialiste) et ravivé la lutte pour le socialisme révolutionnaire, tout en conservant Offensiv comme nom du journal.

2023 marque également le quarantième anniversaire de l’élection du Conseil municipal de Liverpool, dirigé par le groupe Militant dans le Parti travailliste, qui a utilisé sa position pour construire une opposition de la classe ouvrière aux politiques néolibérales de Margaret Thatcher, en mettant fin au programme de suppression d’emplois de l’époque, en construisant de nouveaux centres sportifs et plus de 5.000 nouveaux logements municipaux, en créant 12.000 nouveaux emplois dans le secteur de la construction, ainsi que, entre autres, en augmentant le salaire minimum pour les travailleurs municipaux. La popularité de ce type de programme en faveur de la classe ouvrière a empêché Thatcher et la direction de droite du parti travailliste de battre le conseil municipal dirigé par le groupe Militant sur une base démocratique. Au lieu de cela, ils se sont appuyés sur la Chambre des Lords pour les démettre de leurs fonctions par le biais d’un coup d’État antidémocratique.

Les leçons de notre passé doivent être intégrées, mises à jour et appliquées aux luttes qui nous attendent. Cette année, nous avons lancé le mouvement Workers Strike Back aux Etats-Unis, parce que nous voyons le potentiel d’un bouleversement de la lutte des travailleurs et travailleuses aux Etats-Unis, à la fois avec les membres des syndicats qui contestent leurs dirigeants et le personnel non organisé qui se bat pour créer son propre syndicat, comme on le voit chez Starbucks et Amazon. Il existe d’énormes possibilités de développer la lutte dans le monde entier, à la fois par les sections d’ASI et dans de nouvelles parties du monde.

Nous avons reçu un soutien incroyable de la part de travailleur.euse.s et de jeunes du monde entier qui ont dû faire face à des circonstances de plus en plus difficiles en raison de la crise du coût de la vie. Il est clair que le système actuel n’offre aucune issue. Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de nous unir et de construire une force puissante qui présente une alternative et se bat pour le socialisme chaque jour.

Afin de poursuivre nos progrès et d’avoir un impact plus important, nous lançons un appel financier avec un objectif de 75.000€. Pouvez-vous nous aider à atteindre notre objectif en faisant maintenant un don ?

Le capitalisme est un système mondial et nous avons donc besoin d’une riposte mondiale. Mener une lutte internationale contre la classe des milliardaires exige une approche sérieuse de la collecte de fonds. Contrairement aux défenseurs du capitalisme, nous n’avons pas de soutien de la part des grandes entreprises. Nous n’avons pas de financeurs multimillionnaires. Nous comptons sur les dons de la classe ouvrière et des jeunes du monde entier qui veulent construire la riposte mondiale contre l’exploitation et l’oppression du système capitaliste.

Nos coûts, comme ceux de tout un chacun au cours de la récente période d’inflation, ont fortement augmenté. Qu’il s’agisse du coût des vols pour que nos organisateur.trice.s puissent effectuer des visites prolongées à des sections nouvelles ou plus petites afin de les aider à construire une riposte révolutionnaire, ou du coût de l’équipement et des moyens techniques pour aider les sections d’ASI à produire leurs journaux révolutionnaires qui offrent une stratégie de combat pour la classe ouvrière et les opprimé.e.s, nos coûts ont augmenté de manière substantielle. Nous organisons actuellement notre école internationale en Belgique, qui rassemblera des centaines de socialistes révolutionnaires du monde entier pour discuter de l’histoire révolutionnaire, de la théorie et, surtout, de la manière dont nous mettons toutes ces connaissances en pratique. Tout cela coûtera une somme d’argent considérable.

Compter sur le soutien financier de la classe ouvrière et des jeunes signifie avant tout compter sur les dons des membres d’ASI, des sympathisant.e.s et de tou.te.s celles et ceux qui apprécient notre travail ou tout aspect de celui-ci.

Le capitalisme est un système plongé dans une crise profonde, qui n’offre absolument aucune perspective d’avenir à la classe ouvrière et aux personnes opprimé.e.s. Pour mettre un terme à la misère croissante, à la dégradation et à la crise existentielle que ce système inflige à la grande majorité des personnes tandis que les milliardaires accroissent leurs richesses obscènes à nos dépens, nous devons le remplacer par le socialisme. Pouvez-vous faire un don maintenant pour renforcer la lutte pour le socialisme ? Tous les dons sont essentiels, que vous puissiez vous permettre de donner 1.000 euros ou 50 centimes. Le succès de notre mouvement dépend de chacun.e de nos sympathisant.e.s et de nos membres, qui font tout ce qu’iels peuvent pour contribuer à la construction de la lutte pour le socialisme mondial.

C’était un meurtre, un de plus. Violences sociales, racistes et policières : c’est tout le système qui est coupable !

Transformons la colère en un mouvement de masse des quartiers et lieux de travail ! 

L’horrible assassinat raciste du jeune Nahel par un policier à Nanterre le 27 juin a soulevé une vague d’indignation et de révolte contre le racisme systémique et les violences policières incessantes, particulièrement à l’encontre des jeunes aux origines d’Afrique du Nord ou subsaharienne. Le puissant mouvement social contre la réforme des retraites doit servir de base pour organiser et construire une lutte de masse contre les violences racistes et policières ; contre le système capitaliste.

Déclaration d’Alternative Socialiste Internationale – France

Les événements sont connus. Lors d’un contrôle policier, Nahel Merzouk, un adolescent de 17 ans, a reçu un tir mortel d’un policier. Il l’avait menacé de son arme quelques secondes auparavant en lui disant de couper son moteur sinon « je te tire dans la tête ». Pris de peur et de panique, Nahel a démarré son véhicule. Il s’est directement pris une balle qui lui a traversé l’épaule et le thorax, ne lui laissant aucune chance de survie. L’histoire aurait pu s’arrêter là, comme tant et tant de fois par le passé. La police aurait invoqué la légitime défense face à un véhicule « fonçant » sur un policier. Mais une vidéo a immortalisé la scène et a de suite révélé le mensonge policier. 

Nahel s’ajoute à la longue liste de jeunes hommes aux origines d’Afrique du Nord ou subsaharienne tués lors d’une intervention policière. 15 jours avant Nahel, un autre jeune, Alhoussein, 19 ans, a été tué par la police à Angoulême alors qu’il partait travailler. 

Pour cette jeunesse, l’injustice n’est pas qu’un sentiment. Les affaires sont souvent classées sans suite et les policiers meurtriers rarement condamnés. La peur d’être confronté à un contrôle de police n’a d’égal que la haine envers les institutions d’un système qui n’est là que pour opprimer et humilier ces couches de jeunes des quartiers populaires.

Cette révolte, c’est la voix de ceux qui ne sont pas entendus. Les faire entendre, eux et toutes les autres victimes de violences policières, et obtenir justice, cela exige de construire un mouvement de lutte de masse. La gauche syndicale et politique doit s’engager dans une solidarité active. 

Macron accumule les crises

L’assassinat de Nahel constitue une nouvelle crise pour la macronie, obligée d’admettre qu’il y a un problème. « Inexplicable » et « inexcusable », a été obligé de déclarer Macron suite au meurtre filmé du jeune homme. Voilà qui n’a clairement pas plu aux syndicats réactionnaires dans la police, comme Alliance qui s’est senti lâché par le président. Une crise de plus que Macron doit gérer.

Le meurtre de Nahel a mis aussi l’extrême droite en difficulté. Dans le programme du Rassemblement national de Marine Le Pen, on trouve par exemple permettre aux policiers et gendarmes d’utiliser la force en bénéficiant d’une présomption de légitime défense. Une telle présomption existe en fait déjà dans beaucoup de cas, mais le RN veut rendre cela indiscutable dans tous les cas, ainsi que par exemple l’impossibilité de porter plainte contre les policiers. Autant dire que lorsque les journalistes lui ont tendu le micro après la mort de Nahel, Le Pen ne faisait pas la fière et répondait qu’elle allait s’exprimer plus tard, parce qu’elle n’avait soi-disant « pas encore vu la vidéo »… 

Mais pour la droite et l’extrême droite, dans chaque crise réside souvent une opportunité. Et cette opportunité pour eux n’a pas tardé à arriver, avec l’instrumentalisation des révoltes qui ont commencé dans les quartiers suite à ce nouveau meurtre policier.

“Une émeute est le langage de ceux qu’on n’entend pas.” – Martin Luther King

Dès la première nuit après l’assassinat de Nahel, des milliers de jeunes principalement d’origine immigrée sont entrés en révolte dans les quartiers populaires des grandes villes. Nombreuses sont les références aux révoltes de 2005 suite à la mort des jeunes Zyed Benna et Bouna Traoré lors d’une intervention policière à Clichy-sous-Bois.

Mais les comparaisons qui sont faites oublient souvent un élément d’importance : beaucoup de choses ont changé depuis 2005, et pas seulement l’omniprésence des réseaux sociaux. 

Ces derniers 20 ans ont surtout vu le manque d’investissements dans les services publics empirer, et de manière exponentielle, d’année en année. Les politiques d’austérité et de diminution des budgets qui ont sillonné la période du néolibéralisme depuis le début des années ‘80 ont causé un mal incommensurable. C’est tout particulièrement vrai pour les personnes économiquement les plus fragiles. C’est à tel point que dans certains quartiers, des personnes retraitées habitant dans des HLM avec trop peu de revenus pour payer leur loyer sont aidées financièrement par de plus jeunes pour leur permettre de continuer à vivre dans la cité. 

On trouvait déjà en 2005 cette absence de perspectives d’avenir positives pour de larges couches de la jeunesse vivant dans ces quartiers, particulièrement celle aux origines immigrées. Mais de quelles perspectives parle-t-on aujourd’hui ? Tout a empiré. Les frustrations et les colères sont plus grandes et répandues que jamais. Réduire l’actuelle explosion de colère aux réseaux sociaux ou aux “jeux vidéos” (selon le commentaire ridicule de Macron), cela vise avant tout à minimiser ses causes sociales. Et si cette colère s’est étendue si rapidement à toute la France, et pas seulement aux plus grandes villes d’ailleurs, c’est parce que ces causes sociales sont systémiques et se retrouvent partout.

Dans les révoltes que vivent les quartiers aujourd’hui, la police se trouve devant des jeunes discriminés et humiliés depuis leur plus jeune âge, processus accentué durant la pandémie de covid-19. Ces jeunes hommes ont certainement subi un contrôle au faciès encore tout récemment. 

Mais la réponse des autorités se résume à “encore un peu plus de la même chose”. À nouveau plus de « sécuritaire », avec des mobilisations records de policiers, l’envoi de tanks défiler avec arrogance dans les rues des quartiers, et même l’envoi d’unités réservées à la gestion de prise d’otage ou à l’antiterrorisme (BRI, GIGN, RAID). Avec aussi des couvre-feux et la fermeture des transports en commun le soir. Parallèlement, le Garde des Sceaux (ministre de la Justice) Éric Dupond-Moretti a envoyé une circulaire aux parquets pour demander « une réponse pénale rapide, ferme et systématique » contre les jeunes interpellés lors des manifestations de révolte.

Il n’y a pas de meilleure méthode pour attiser les flammes, alors que la mort du jeune Nahel est à peine passée d’une poignée de jours. Comme si davantage de sécuritaire allait permettre de résoudre un cocktail explosif composé de discriminations et d’humiliations racistes créées par les institutions et la perte de repères et d’avenir. 

Avec les violences policières, les autorités visent très consciemment à stimuler davantage de violences de la part des jeunes en révolte pour dévier l’attention et tenter de semer la discorde dans notre classe sociale. 

Cette réponse autoritaire du gouvernement donne des ailes aux organisations d’extrême droite. Les syndicats réactionnaires Alliance et Unsa Police ont ainsi davantage encore ajouté de l’huile sur le feu, avec un communiqué raciste le 30 juin qui appelle à durcir la répression : « Face à ces hordes sauvages, demander le calme ne suffit plus, il faut l’imposer ! » ; « L’heure n’est pas à l’action syndicale mais au combat contre ces ‘nuisibles’ » ; « Aujourd’hui les Policiers sont au combat car nous sommes en guerre. Demain nous serons en résistance et le Gouvernement devra en prendre conscience. » (à noter que UNSA Éducation et le secrétaire général de l’UNSA ont condamné le communiqué). C’est un reflet d’une polarisation qui existe bel et bien et est stimulée : une cagnotte de soutien au policier auteur du tir mortel a récolté plus de 1.6 million € par plus de 85.000 donateurs (en date du 5 juillet); elle a été lancée par le politicien d’extrême droite Jean Messiha, ex-membre du RN puis ex-soutien d’Éric Zemmour.

Violences raciste et sociale ; violence policière ; et violence du mouvement

Les révoltes dans les quartiers comprennent des épisodes de casses, d’incendies et de pillages. Il est important de clarifier avant toute chose : la première violence, elle est raciste et socio-économique, c’est celle qui vient des politiques menées par le système et aujourd’hui par Macron. Ce sont elles qui stimulent la colère et son expression de différentes manières, et donc qui stimulent aussi des violences de la part d’une partie des révoltés. 

En second lieu, les violences viennent des forces de l’ordre, ce sont les violences policières racistes. C’est tout ceci qui stimule aussi de la violence issue des quartiers.

Le gouvernement et l’extrême droite en profitent aujourd’hui, mais il est trop facile de cacher les problèmes du système derrière ces débordements. Ils sont aussi la conséquence de la politique menée ces dernières décennies et accentuée par Macron, et donc de la haine qui existe envers les institutions. Les cibles principales sont les bâtiments les plus représentatifs des institutions du système, comme les mairies et commissariats, ainsi que les bâtiments de grandes chaînes commerciales, à côté d’autres choses cassées ou incendiées.

Que de la violence vienne d’une partie de la jeunesse révoltée, c’est largement compréhensible ; c’est l’expression de la rage aveugle contre le système, mais ce n’est bien sûr pas la solution. Pour ces quartiers, qui subissent relégation sociale et pauvreté, déjà désertés par les services publics, c’est la double peine : ce sont souvent les biens de la collectivité qui sont touchés, comme des bus, des maisons de quartier, des écoles, des pharmacies, mais aussi des voitures, appartenant aux habitants des mêmes quartiers. C’est hélas notre classe, nos quartiers, qui subit les conséquences des attaques contre des biens qui peuvent profiter à toute la communauté, insérant ainsi des divisions dans nos rangs.

De tels éléments de casses, d’incendies et de pillages permettent aussi d’être saisis par le camp d’en face, pour nous diviser et pour durcir son approche liberticide et l’appareil répressif de l’État. La classe dominante peut alors utiliser justement ces faiblesses de ces révoltes, mobiliser tout son arsenal et particulièrement les médias dominants pour les orienter contre la révolte, vers la division et même l’oubli de ce pour quoi ces révoltes existent. 

En fin de compte, ces casses, incendies et pillages affaiblissent la contestation. C’est par la force du nombre et l’unité dans la lutte de l’ensemble de la classe travailleuse et de la jeunesse que nous pourrons arracher de réelles solutions. 

Lorsque l’État s’occupe de cette jeunesse, c’est pour l’humilier

Depuis son arrivée à la présidence en 2017, Macron a de suite attaqué frontalement les travailleurs et travailleuses ainsi que la jeunesse avec des politiques d’austérité et de restriction des droits syndicaux. Mais il a aussi accompagné cette guerre de classe par un accroissement de l’autoritarisme de l’État et ses forces de l’ordre, tout en encourageant le racisme systémique inhérent au système capitaliste. Quand tu t’attaques à la majorité de la population, mieux vaut la diviser pour mieux régner.

La brutalité politique de Macron à l’encontre des travailleurs et des jeunes a été un véritable marchepied pour la croissance du RN. Le racisme d’État et les stigmatisations permanentes se sont accrus : de la loi sécurité́ globale à la loi sur le séparatisme en passant par la chasse à « l’islamo-gauchisme »… Macron et ses gouvernements n’ont eu de cesse d’alimenter la division et d’accumuler les gages à destination de l’extrême droite. 

Ce n’est donc pas étonnant si Marine Le Pen est en tête dans les sondages, et ce malgré le puissant mouvement social contre la réforme des retraites. Que le RN soit vu comme le « véritable » opposant, c’est le but de Macron et ses ministres. C’est d’ailleurs pourquoi ce sont surtout eux qui aujourd’hui, bien plus que le RN, distillent consciemment le racisme et la division, avec notamment la loi JO 2024, la future loi immigration et l’opération militaire raciste anti-migrants comoriens à Mayotte (« l’Opération Wuambushu »), et bien sûr aujourd’hui encore avec la réponse autoritaire et raciste de Darmanin et sa police face aux révoltes dans les quartiers populaires (voir plus bas).

La politique néolibérale menée particulièrement depuis « le tournant de la rigueur » de Mitterrand en 1983 puis dans les décennies qui ont suivi a vidé les services publics de leur contenu, avec des conséquences concrètes vécues partout, mais surtout dans les quartiers populaires où s’accumule la pauvreté. Logements insalubres, perspectives d’emplois difficiles, manque d’accès aux soins et aux services publics de base : là-bas plus que partout ailleurs, le désinvestissement dans tous les pans de la vie se fait cruellement sentir. L’absence de perspectives d’avenir est le dénominateur commun à de larges couches de la jeunesse habitant ces quartiers. Et pour tenter de masquer cette pauvreté et ce manque de perspectives, le système a d’autant plus encore besoin de l’arme de la division, notamment raciste.

L’attitude agressive de la police dans les quartiers pauvres où les personnes d’origine immigrée sont surreprésentées est destinée à maintenir les gens enfermés dans des logements et des écoles inférieurs aux normes et à les maintenir dans une forme de ségrégation. Et les politiciens racistes cherchent à présenter ces populations comme une menace pour les couches « blanches » parmi la classe travailleuse et la classe moyenne afin de disposer d’un plus large soutien pour leurs politiques répressives.

“Il n’y a pas de capitalisme sans racisme” – Malcolm X

Dans cette société, le racisme est systémique. À l’instar des autres oppressions qui sévissent dans la société (particulièrement le sexisme et la LGBTQIA+phobie), le racisme est une arme consciemment utilisée par la classe dominante et ses instruments politiques pour imposer plus facilement sa politique en évitant de devoir faire face à une classe travailleuse unifiée.

Dans cet exercice, l’État français a toujours excellé. De l’introduction de l’esclavage sur base du commerce triangulaire avec les Antilles jusqu’à l’assassinat de Nahel, les autorités françaises ont toujours appliqué des politiques enfermant les personnes « de couleur » dans un statut d’infériorité, longtemps  ouvertement, aujourd’hui non plus dans les mots mais toujours dans la pratique.

Le contrôle au faciès n’est pas un mythe : en France, une personne noire ou d’origine nord-africaine a 6 à 7 fois plus de risque de se faire contrôler qu’une personne blanche. Si on y ajoute le fait que les jeunes de 18-25 ans sont 7 fois plus contrôlés que la moyenne de la population, les statistiques montrent qu’un jeune homme noir ou d’origine nord-africaine a une probabilité 20 fois plus élevée d’être contrôlé. Et ce n’est qu’une étude, probablement en dessous de la réalité. 

Le racisme est systémique, et pas seulement dans les contrôles policiers : discriminations à l’embauche et à l’accès au logement, sous-représentation dans les études et formations menant à des emplois aux conditions de travail et de salaire supérieurs, surreprésentation dans les emplois non qualifiés moins rémunérateurs, …

Violences racistes et policières – la promesse d’injustice

C’est un fait que l’utilisation des armes par la police ainsi que les meurtres ont augmenté sous Macron, même si l’adoption de la loi sur l’usage des armes par la police a été introduite en février 2017 sous Hollande, par le Premier ministre Bernard Cazeneuve, juste avant que Macron arrive au pouvoir. De 2017 à 2021, l’usage des armes par les policiers a augmenté de 26 % par rapport à 2012-2016. L’augmentation est même de 39 % sur l’usage des armes contre un véhicule.

Mais le changement dans la loi n’est pas le seul accélérateur des violences policières. L’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur a fait passer un cap aux violences meurtrières : comme le magazine en ligne Basta! l’indique, depuis 2020, le nombre de personnes tuées par un tir des forces de l’ordre a doublé ; et trois fois plus de personnes sont décédées suite à une arrestation. 

Les condamnations de policiers meurtriers sont extrêmement rares. On peut imaginer que l’assassin de Nahel, vu l’existence de cette vidéo et vu la pression, devrait probablement être condamné. D’autant qu’il est lâché par une partie de sa hiérarchie et par les autorités politiques, qui jouent la stratégie du « policier violent isolé », pour tenter d’éviter que toute l’institution soit montrée du doigt. Mais la jeunesse des quartiers populaires est très consciente  qu’il ne s’agit pas d’un problème d’individus au sein des forces de l’ordre, mais bien de violences racistes généralisées, stimulées par les autorités politiques et au sein de même de la police.

Le gouvernement a beau se cacher derrière l’invariable « laissez la justice faire son travail », nous sommes nombreux à savoir que dans ce genre de cas, comme dans bien d’autres, la justice ne fait pas ce qu’on attend d’elle. Dans une société composée de différentes classes sociales aux intérêts antagonistes, les différentes institutions jouent le rôle, en dernière instance, de défendre la classe qui dirige. Dans notre société, il s’agit de la classe capitaliste. Et c’est bien à une justice de classe que nous avons à faire.

Le rôle de l’État ; le rôle des forces de l’ordre

Comme l’expliquait Friedrich Engels il y a plus de cent ans, l’émergence de l’appareil répressif de l’État, comprenant armée, police, prisons, etc. reflète historiquement la division de la société en classes sociales ayant des intérêts antagonistes impossibles à concilier. L’État est constitué, selon les termes d’Engels, de « détachements spéciaux d’hommes armés », qui maintient le conflit de classes « dans les limites de l’ordre » mais défend en fin de compte les intérêts de la classe dominante (pour approfondir : lire L’État et la Révolution, Lénine). La répression et la menace du recours à la violence font partie intégrante de la protection des richesses et de la domination de la classe dominante dans une société aussi inégalitaire que la nôtre.

C’est pourquoi la répression de la part du bras armé de l’État capitaliste est vive contre chaque mouvement social qui menace les intérêts de la classe dominante. Le déchainement policier contre le mouvement des Gilets Jaunes fin 2018 et en 2019 a blessé 25.000 manifestants, dont 353 à la tête, 30 éborgnés et 6 mains arrachés ; ainsi que la mort de Zineb Redouane, une octogénaire algérienne qui vivait à Marseille. 

Le puissant mouvement social contre la réforme des retraites a lui aussi reçu une répression policière impressionnante, avec notamment l’éborgnement par le tir d’une grenade de désencerclement d’un cheminot syndicaliste SUD Rail à Paris, ou encore l’arrachage par une grenade d’un pouce d’une travailleuse dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH) à Rouen. Dans les secteurs et entreprises où le personnel a été en grève reconductible (raffineries, collecte et traitement des déchets, …), la violence de l’État capitaliste s’est aussi illustrée, par sa justice et sa police, avec le forçage de piquets de grève et la réquisition de personnel pour relancer le travail.

Durant la pandémie, le personnel soignant était officiellement applaudi par les autorités, mais lorsqu’il manifestait pour davantage de moyens et de personnel, la réponse était invariablement les matraques et les gaz lacrymogènes.

La jeunesse aussi, particulièrement ces dernières années, est une cible privilégiée de la répression policière. La classe dominante connaît le risque d’une jeunesse qui se lève et qui peut entraîner derrière elle des couches entières de la classe travailleuse. Lorsqu’elle se mobilise contre les politiques anti-écologiques, ou contre l’arrogance antidémocratique de Macron à l’occasion du mouvement contre la réforme des retraites, elle est directement sous attaque. Gaz lacrymogènes, matraquages, tirs de LBD, grenades de désencerclement, charges policières contre les cortèges, nasses et gardes à vue arbitraires… 

En mars, un enregistrement audio a démontré que de jeunes manifestants arrêtés ont reçu des gifles, des intimidations, des insultes (y compris racistes) et des menaces physiques par des policiers de la BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente – motorisée). D’autres témoignages faisaient part d’attouchements sexuels dont été victimes des jeunes femmes emmenées dans un commissariat. Le but de tout ceci est de faire peur, et de faire taire les mouvements sociaux.

La police ne peut pas être « abolie » dans le cadre d’une société capitaliste. Tant que les capitalistes seront au pouvoir, ils devront trouver un moyen de protéger leurs intérêts et leurs biens. Il n’est pas non plus possible de créer une police « non raciste » tant que le racisme et la ségrégation institutionnels restent intacts dans la société. Des petites améliorations peuvent être parfois gagnées, sur base de luttes, mais la solution est de se débarrasser du capitalisme lui-même.

Pour un mouvement de masse de la classe travailleuse et de la jeunesse contre les violences du système !

Le mouvement ouvrier doit s’engager dans l’organisation, la canalisation de toute cette colère et cette énergie mises dans les casses et pillages. Cette colère doit s’orienter non vers les bâtiments publics et de grandes enseignes commerciales, mais vers ce qu’il y a derrière : le système lui-même, qui crée les conditions pour que les violences existent, et qui s’en nourrit.

Mi-juin, l’intersyndicale a acté la fin du mouvement contre la réforme des retraites. Un puissant mouvement social, qui n’a pas obtenu le retrait de la réforme, mais qui a pesé et va peser lourdement sur l’atmosphère sociale et politique durant les 4 années de mandat qu’il reste à Macron. En réalité la bataille des retraites n’est pas terminée, et septembre pourrait sonner le renouveau du combat syndical, sur les retraites ou d’autres questions. Le potentiel de lutte va rester explosif, avec une avant-garde renforcée numériquement et qualitativement au côté de couches larges de travailleurs et travailleuses enrichies par ce combat historique et qui ont repris confiance dans la force de la lutte collective. Tout ce potentiel doit être engagé dans une lutte de masse contre les humiliations et violences racistes et policières.

Fin mai 2020, le meurtre raciste de George Floyd par la police aux USA avait relancé le mouvement #BlackLivesMatter (« les vies des noirs comptent »). En écho et pour s’opposer au racisme systémique et aux violences policières en France, des dizaines de milliers de personnes s’étaient mobilisées, particulièrement à l’appel du comité « La vérité pour Adama ». Un an plus tard, ce sont encore 150.000 personnes qui se sont mobilisées dans les rues partout en France. Le caractère structurel du racisme et des violences policières est de plus en plus visible et largement reconnu. Le mouvement Black Lives Matter a permis de mettre à mal la propagande officielle. C’est une base sur laquelle construire pour aller plus loin.

Les milliers de personnes présentes à la Marche blanche organisée à Nanterre le 29 juin en hommage à Nahel reflètent la volonté de se mobiliser pour la vérité et la justice, et pour que les choses changent. De telles mobilisations peuvent servir d’exemple. Le mouvement ouvrier organisé doit se tourner vers ces couches parmi la jeunesse, souvent non organisées syndicalement, pour élargir la lutte à toutes les couches de la classe travailleuse, fournir les méthodes de lutte et montrer des perspectives pour faire reculer les autorités et l’extrême droite, et aller vers des victoires.

Pour construire un bon rapport de force, il faut chercher à rassembler et organiser toutes celles et ceux qui veulent lutter contre le racisme, car c’est par l’action collective et la mobilisation de masse que des victoires peuvent être obtenues. Et ce qui nous unit, c’est que nous sommes victimes, à des degrés divers, des pénuries sociales (manque de logements sociaux, manque d’emplois décents, manque de moyens dans les services publics,…) et de l’exploitation qui découle du système de profit capitaliste.

Un programme qui ne laisse personne de côté

Les organisations syndicales ont encore trop souvent l’attitude de se concentrer sur leurs “bastions”, mais si ceux-ci peuvent et doivent jouer le rôle moteur, il est absolument crucial de chercher à entraîner dans leur sillage les secteurs et les couches moins mobilisées, et tout particulièrement la jeunesse , notamment des quartiers. C’est une des faiblesses de la résistance contre la réforme des retraites et c’est aussi tout l’enjeu d’une lutte antiraciste ambitieuse. 

Durant le mouvement contre la réforme des retraites, nous avions d’ailleurs proposé la mise sur pied de comités de lutte et de grève anti-Macron partout, sur les lieux de travail, dans les écoles et facs, mais aussi dans les quartiers populaires. Des comités larges, ouverts à tous et toutes, qui permettent de construire la lutte à la base, démocratiquement, en impliquant tout le monde activement dans sa préparation et son organisation. Si de tels comités avaient été mis en place, ils pourraient aujourd’hui servir de tremplin pour faire passer la révolte contre le racisme d’État à un autre niveau. 

Dans les syndicats, beaucoup de militants et de militantes se sont aujourd’hui investis dans la solidarité avec les victimes de violences policières racistes. Mais c’est beaucoup moins le cas des organisations syndicales elles-mêmes. Les organisations syndicales et leurs activistes ont un rôle majeur à jouer dans la mise sur pied d’un mouvement de masse, qui implique activement toutes les couches de la classe travailleuse, la jeunesse et les populations opprimées.

Nous devons réagir à chaque attaque raciste par la mobilisation : une mobilisation de masse de l’ensemble qui doit s’opposer en fait à toutes les politiques racistes journalières dont sont victimes principalement les quartiers populaires ainsi que les populations dans la “France d’Outre-Mer”, dont la gestion par l’État français est un vestige direct de son empire colonial. “Une émeute est le langage de ceux qu’on n’entend pas” disait Martin Luther King. Donnons une voix à ceux et celles qu’on entend pas par la solidarité active et la construction d’un mouvement de masse contre les politiques racistes structurelles. Il est impossible de résoudre le problème en s’en remettant aux institutions de l’État qui entretiennent le racisme systémique.

La colère doit être rassemblée autour du mouvement ouvrier en défendant un programme qui combat l’austérité et le racisme par la solidarité : une lutte massive unitaire de la classe travailleuse, la jeunesse et des populations opprimées, armée d’un programme de revendications offensives pour imposer ce que le camp d’en face refuse de mettre en place : la vérité et la justice pour toutes les victimes des violences policières racistes ; la démilitarisation de la police, le démantèlement des unités les plus réactionnaires comme les Brigades anticriminalité (BAC) et la BRAV-M, et la mise sous contrôle démocratique de la police par les communautés ouvrières et quartiers défavorisés, les secteurs de travail clés et syndicats pour en finir avec les brutalités policières.

Une revendication cruciale est celle d’investissements publics massifs dans les quartiers défavorisés : dans les services publics, le logement et l’accès à un emploi bien rémunéré pour tous et toutes ; dans l’éducation, l’accès à la santé à la culture et au sport ; dans les associations et les centres sociaux. La France Insoumise a raison de porter une telle revendication, reprise dans son plan d’urgence « Justice partout » (voir ici)

Les conditions de travail et de salaire doivent changer. Un minimum est de défendre une augmentation immédiate de tous les salaires de 10% et le retour de l’échelle mobile des salaires supprimée par Mitterrand en 1983 pour affronter l’inflation. Garantir l’accès à l’enseignement pour toutes et tous implique aussi l’instauration d’un salaire étudiant à hauteur du SMIC. Quant aux secteurs à bas salaires, plaçons-les sous contrôle public afin d’assurer un véritable statut au personnel, avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail. Il nous faut un emploi garanti et du temps pour vivre, et donc une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. 

Les militant.e.s de la FI et les syndicalistes ont un rôle à jouer dans la construction d’un mouvement de lutte unifié. Mélenchon avait d’ailleurs remporté des scores exceptionnels dans les quartiers populaires lors de l’élection présidentielle 2022, même si l’alliance de la NUPES qui a suivi a mis à mal une partie du soutien, un accord qui n’était pas partagé par tous et toutes dans les quartiers populaires surtout, puisqu’il contient des éléments qui se sont illustrés dans la gestion du système, qui ont mené des politiques locales contre les intérêts des habitants de ces quartiers.

Pour une lutte socialiste révolutionnaire

Vivre dans une société où personne n’aura à craindre la répression de l’État et le racisme, ça implique de se débarrasser du capitalisme. La seule manière de répondre aux besoins sociaux de l’ensemble sans discrimination nécessitera de remettre le pouvoir à la majorité sociale.

Finissons-en avec l’exploitation capitaliste des deux sources de toutes richesses, les travailleurs et travailleuses et la nature, en nationalisant sous contrôle et gestion démocratiques les secteurs clés de l’économie. De cette manière, il serait possible d’avancer vers une économie démocratiquement planifiée qui poserait les bases de l’anéantissement de toute oppression, exploitation, violence, inégalité et injustice. C’est le projet du socialisme révolutionnaire : renverser le capitalisme et balancer le racisme, le sexisme, la LGBTQI+phobie et les autres discriminations et oppressions dans les poubelles de l’histoire.

France. Des comités de grève anti-Macron partout pour entraîner la population derrière les bastions syndicaux

Face à la guerre de classe lancée par Macron et Borne : Il nous faut un plan d’action pour mobiliser tout le monde ! Construisons la grève générale reconductible !

On peut gagner ! Nous avons encore des réservoirs de mobilisation dans lesquels aller puiser ! Il y a peu, 62% des Français.e.s estimaient que le mouvement devait se durcir. Tous les sondages font état d’un raz-de-marée de détermination et de rejet de Macron et son gouvernement. On a eu 3,5 millions de manifestant.e.s à deux reprises, les plus grandes mobilisations depuis des décennies. Beaucoup plus est possible !

Tract de Premier mai d’ASI-France

Le piège des solutions institutionnelles

Le mouvement a eu plusieurs vitesses. D’une part les bastions ouvriers en grève reconductible de manière continue ou intermittente depuis le 7 mars jusqu’à la deuxième moitié du mois d’avril, d’autre part des secteurs uniquement mobilisés lors des journées d’action de l’intersyndicale. Enfin, il y a les lieux de travail et les couches de la société qui soutiennent le mouvement, mais sont encore extérieures à la mobilisation. Elles doutent de l’entrée en action ou cela leur semble impossible face à l’absence de présence syndicale autour d’eux, etc.

On ne peut activer ce potentiel en déviant la lutte vers les institutions, avec le Référendum d’initiative partagée (RIP) par exemple. Emprunter cette voie servirait de prétexte pour faire atterrir la mobilisation dans la rue et par la grève. Cela laisserait Macron et les médias dominants distiller pleinement le racisme et d’autres éléments de division dans la situation, comme l’illustrent la loi JO 2024, la loi immigration et l’opération militaire Wuambushu à Mayotte. À la France Insoumise, une volonté sincère de stimuler les luttes coexiste toutefois avec cette approche institutionnelle. Jean-Luc Mélenchon a souligné que «la lutte, c’est ce qui compte». Il avait également appelé l’intersyndicale à lancer une grève générale le 6 avril, comme en mai 68, par crainte «d’un étiolement de la lutte». «Ça serait unifiant et manifesterait la force», disait-il à juste titre.

Reste que la meilleure manière de structurer une grève générale est de s’adresser à la base et non aux directions syndicales dont la réticence à s’engager sur cette voie est le principal problème rencontré par le mouvement. D’autre part, le succès d’une grève générale repose sur l’implication maximale dans la lutte. On a besoin de tout le monde. Les graves erreurs de gestion de l’affaire Quatennens par la France Insoumise dans une affaire de violences conjugales constituent de véritables entraves au rassemblement de toute la classe, femmes comprises.

Construire la grève générale reconductible

Si l’intersyndicale est restée soudée aussi longtemps – y compris avec la CFDT et même après la promulgation de la loi, ce qui est inédit – c’est qu’elle a été mise sous pression par les masses à chaque étape. Seule la mobilisation de la base en a assuré la solidité. La grève reconductible a été saisie dans certains secteurs durant cette lutte (énergie, chimie-pétrole, collecte et traitement des déchets). La plupart sont maintenant derrière nous, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elles ne peuvent pas renaître après avoir repris un peu de souffle, à l’image des éboueurs. Mais le constat est là : c’est impossible de tenir à long terme sans extension et élargissement.

Les bastions du mouvement ouvrier doivent jouer le rôle moteur, ils restent l’instrument clé pour un mouvement victorieux, mais avec davantage d’attention pour entraîner dans leur sillage les secteurs et les couches moins mobilisées, et tout particulièrement la jeunesse qui s’est mobilisée de manière plus massive depuis le début du mois de mars.

Des assemblées générales existent déjà dans une multitude de lieux de travail et d’étude et elles sont cruciales pour sortir de cette idée selon laquelle la discussion sur notre lutte se limite à la communication externe. Il doit s’agir avant tout du débat sur le programme, la stratégie et les tactiques de notre combat, axé sur les tâches de la construction de la grève générale reconductible.

Des comités de grève anti-Macron doivent émerger de ces assemblées pour réunir sur tous les collègues sur les lieux de travail, syndiqués ou non, et faire de même dans les lycées, les universités mais aussi les quartiers et les immeubles. Cela deviendrait autant de quartiers généraux pour construire la grève générale reconductible et relier entre elles les différentes initiatives de lutte.

De grandes soirées de rencontre pourraient être organisées à l’initiative de ces comités en invitant une délégation de grévistes des bastions les plus avancés dans la lutte aujourd’hui pour débattre de la meilleure manière d’approfondir et d’étendre la grève. Cela aiderait grandement à gagner les hésitants à la grève. À Paris, une caisse de solidarité queer a récolté plus de 50.000 euros à partir d’initiatives de la communauté LGBTQIA+ ! Des caisses de grèves ont également été créées par des boulangers du Nord et d’autres indépendants, illustrant que lorsque la classe travailleuse entre en action, elle peut tirer derrière elles d’autres couches de la société et se présenter comme la véritable dirigeante de la nation.

Davantage d’attention doit également être accordée vers la jeunesse. Retrouver l’élan des mobilisations de la jeunesse de 2006 dans la lutte contre le Contrat Première Embauche (CPE) doit être l’objectif. Mais cette année déjà, au-delà de la mobilisation dans les cortèges et des occupations de lycées et universités, des délégations de jeunes sont par exemple venues assister des blocages d’incinérateurs, ce qui a permis de donner un peu de souffle à certains grévistes sans que le site ne puisse être relancé.

Une prochaine étape de la lutte devrait d’ailleurs comprendre des initiatives vers l’occupation des lieux de travail. Où trouver de meilleurs quartiers généraux pour réunir les différentes initiatives locales et les coordonner qu’au cœur des lieux de travail ?

L’objectif de ces comités de grève démocratiques anti-Macron à l’échelle locale, et plus largement ensuite, pourrait permettre d’impliquer dans l’action et la réflexion toute le soutien dont dispose le mouvement et de regrouper les multiples initiatives. C’est la structuration à la base qui est cruciale pour surmonter les réticences d’appareils syndicaux qui ont peur de ce qu’il pourrait advenir ensuite.

Car la construction de la grève reconductible est une étape centrale, mais elle n’est qu’une étape dans la confrontation avec le régime capitaliste. Lui donner la perspective d’une “marche des millions” sur l’Elysée à partir des régions, assistée par la multiplication des “actions Robin des bois”, renforcerait son implantation. L’enjeu du combat dépasse très largement les retraites : c’est de la chute de Macron-Borne et de TOUTE la politique d’austérité dont il est question.

Pour une société gérée par et pour la majorité

La 5ème République ne fonctionne que pour les riches. La majorité, c’est nous ! En organisant la grève reconductible à la base, nous pourrions constituer ensuite une véritable assemblée constituante révolutionnaire démocratique reposant sur les délégués élus des comités de lutte locaux comme étape nécessaire vers un gouvernement des travailleuses et travailleurs et de toutes les personnes opprimées. Ce n’est qu’alors que nous pourrons disposer d’une société qui veillerait à l’épanouissement de chacun.e sur base des richesses que NOUS produisons et qui nous sont volées !

TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 19 milliards d’euros en 2022, le plus gros de son histoire. Les entreprises du CAC 40 ont rendu à leurs actionnaires 80,1 milliards d’euros en 2022 ! Ces criminels climatiques et sociaux doivent être expropriés et nationalisés sous contrôle et gestion des travailleurs.euses. De telle manière, et avec la nationalisation des secteurs clés de l’économie (finance, grandes entreprises,…), il serait possible d’assurer un avenir décent à toutes et tous dans le respect de la planète grâce à une planification rationnelle et démocratique de l’économie.

On peut balayer Macron et son gouvernement. C’est tout à fait possible. Nous n’aurons pas nécessairement de suite un gouvernement des travailleur.euse.s. Mais quel que soit le gouvernement qui suivra, il aura bien difficile à appliquer n’importe quel programme antisocial, car il sera d’emblée confronté à un mouvement ouvrier à la confiance enhardie, avec une avant-garde renforcée numériquement et qualitativement, mais encore de larges couches de travailleur.euse.s fraichement enrichies d’enseignements concernant la lutte pour une politique visant à renverser l’exploitation et l’oppression.

  1. Retour de la retraite à 60 ans.
  2. Pour une pension minimale alignée sur un salaire minimum augmenté à 2000€ net.
  3. Pour l’augmentation immédiate de tous les salaires de 10% et le retour de l’échelle mobile des salaires. Plaçons les secteurs à bas salaires sous contrôle public pour assurer un véritable statut au personnel, avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail.
  4. Un emploi garanti et du temps pour vivre : pour une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. Pour l’indépendance économique des femmes et la fin des emplois précaires.
  5. Pour un plan d’investissements publics massifs dans les secteurs du soin et du lien, dans l’éducation, les logements sociaux, les transports publics durables, ainsi que dans les mesures de protection du climat. Les services publics doivent répondre aux besoins ; ils doivent être de qualité, accessibles à tou.te.s, à moins de 30 minutes de son lieu d’habitation.
  6. Expropriation et saisie des richesses des milliardaires et réintroduction de l’ISF.
  7. Nationalisation des secteurs de l’énergie et des banques sous le contrôle et la gestion démocratiques de la classe ouvrière.
  8. La 5ème République s’est avérée être une république qui ne fonctionne que pour les riches, pour la constitution d’une véritable assemblée constituante révolutionnaire démocratique basée sur les délégués élus des comités de lutte dans les quartiers, les lieux de travail, les universités et les écoles comme étape nécessaire vers un gouvernement ouvrier véritablement démocratique fonctionnant selon les besoins de toutes et tous, et non pour les profits de quelques-uns.
  9. Nous avons besoin d’une économie sous propriété démocratique publique et écologiquement planifiée avec un réel contrôle démocratique exercé par les travailleur.euse.s des entreprises et la société dans son ensemble pour créer des millions d’emplois durables et bien rémunérés et construire une nouvelle économie verte.
  10. Vers une société socialiste démocratique reposant sur les besoins de la classe ouvrière, des jeunes, des opprimé.e.s et de la planète.

Rejoignez Alternative Socialiste Internationale (ASI/ISA) !

La bataille pour renverser le capitalisme et instaurer une alternative sociétale est internationale. Nous sommes organisés dans plus de 30 pays sur tous les continents (en Europe, mais aussi au Brésil, au Chili, au Mexique, aux USA, au Québec, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Israël/Palestine ou encore en Chine, où nous luttons contre la dictature meurtrière et capitaliste du PCC).

Notre parti mondial n’est pas une addition d’organisations nationales qui entretiennent des relations lointaines, nos sections nationales se voient régulièrement, discutent et dressent ensemble des analyses et conclusions stratégiques pour construire l’outil révolutionnaire qui s’impose dans les conditions d’aujourd’hui.

ASI/ISA France – alternative.soc.internationale@gmail.com – 00 33 7 68 79 63 05 (Isaure)

Construisons la grève générale reconductible pour renverser macron et toute la politique d’austérité !

Tout le monde le sait : il faut absolument passer à la vitesse supérieure ! Nous devons dépasser la simple suite de dates de journées de grèves et de mobilisation vaguement liées. La volonté est là : le soutien à la grève reconductible et au blocage a progressé depuis le recours au 49.3 sur la réforme des retraites. 79% des ouvriers et 62% des Français.e.s pensent que le mouvement doit se durcir : généralisons la lutte, construisons la grève générale reconductible !

À lire aussi : Révolté.e? Viens (re)découvrir Marx et le socialisme révolutionnaire

Les bastions du mouvement ouvrier doivent jouer le rôle moteur, mais avec davantage d’attention pour entraîner dans leur sillage les secteurs et les couches moins mobilisées, et tout particulièrement la jeunesse qui se mobilise de manière plus massive. La grève reconductible a été saisie dans certains secteurs, particulièrement dans l’énergie, la chimie-pétrole et le ramassage et le traitement des déchets. Toute la question est de voir comment soutenir cette dynamique, l’étendre à d’autres secteurs et l’approfondir, y compris avec le recours à l’occupation d’entreprises. Où trouver de meilleurs quartiers généraux pour la lutte qu’au cœur des lieux de travail ?

Des assemblées générales existent déjà dans une multitude de lieux de travail et d’étude. Des comités de grève anti-Macron doivent émerger de ces assemblées pour réunir sur tous les collègues sur les lieux de travail, syndiqués ou non, et faire de même dans les lycées, les universités mais aussi les quartiers et les immeubles. Cela deviendrait autant de quartiers généraux pour construire la grève générale reconductible et relier entre elles les différentes initiatives de lutte.

Parmi celles-ci figure l’extension de la dynamique des caisses de grève. De grandes soirées de rencontre pourraient être organisées à l’initiative de ces comité en invitant une délégation de grévistes des bastions les plus avancés dans la lutte aujourd’hui pour présenter la lutte dans un autre lieu spécifique et débattre de la meilleure manière d’approfondir et d’étendre la grève. Cela aiderait grandement à donner l’impulsion d’entrer en grève aux hésitants.

L’objectif de ces comités de grève démocratiques anti-Macron à l’échelle locale, et plus largement ensuite, pourrait permettre d’impliquer dans l’action et la réflexion toute le soutien dont dispose le mouvement et de regrouper les multiples initiatives. C’est ce qui peut donner corps de la meilleure façon qui soit à l’appel à la grève générale, comme en mai 68, lancé par Mélenchon à l’intersyndicale par crainte “d’un étiolement de la lutte”. “Ça serait unifiant et manifesterait la force”, dit-il. Il s’agit d’un pas concret dans la bonne direction de la part de la France Insoumise, en dépit des faiblesses et erreurs de la direction de la formation (illustrée notamment dans la gestion de l’affaire Quatennens). C’est tout à fait vrai, mais c’est la structuration à la base qui est cruciale pour surmonter les réticences d’appareils syndicaux qui ont peur de ce qu’il pourrait advenir ensuite.

Car la construction de la grève reconductible est une étape centrale, mais elle n’est qu’une étape dans la confrontation avec l’Etat capitaliste. Lui donner la perspective d’une “marche des millions” sur l’Elysée à partir des régions, assistée par la multiplication des “actions Robin des bois”, renforcerait son implantation. L’enjeu du combat dépasse très largement les retraites : c’est de la chute de Macron-Borne et de TOUTE la politique d’austérité dont il est question.

La 5ème République s’est avérée être une république qui ne fonctionne que pour les riches. La majorité, c’est nous ! En organisant la grève reconductible à la base, nous pourrions constituer ensuite une véritable assemblée constituante révolutionnaire démocratique reposant sur les délégués élus des comités de lutte locaux comme étape nécessaire vers un gouvernement des travailleuses et travailleurs et de toutes les personnes opprimées véritablement démocratique. Ce n’est qu’alors que nous pourrons disposer d’une société qui veillerait à l’épanouissement de chacun.e sur base des richesses que NOUS produisons et qui nous sont volées !

Pour une société gérée par et pour la majorité

Les moyens ne manquent pas ! TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 19 milliards d’euros en 2022, le plus gros de son histoire. Les entreprises du CAC 40 ont rendu à leurs actionnaires 80,1 milliards d’euros en 2022 ! Pourtant, ce sont eux que l’Etat cajole le plus avec 157 milliards d’euros d’aides publiques par an.

Ces criminels climatiques et rapaces de toutes sortes doivent être expropriés et nationalisés sous contrôle et gestion des travailleurs.euses. De telle manière, et avec la nationalisation des secteurs clés de l’économie (finance, grandes entreprises,…), il serait possible d’assurer un avenir décent à toutes et tous dans le respect de la planète grâce à une planification rationnelle et démocratique de l’économie. La classe ouvrière organisée peut jouer le rôle moteur et s’imposer comme la classe dirigeante dans la société en attirant avec elle le mouvement pour le climat, le mouvement féministe et d’autres mouvements sociaux. Les bases du renversement du système capitaliste seraient ainsi posées. C’est avec un tel type de programme et d’approche que la France Insoumise pourrait jouer pleinement son rôle en tant que stimulation de l’opposition et de la transformation de toute la société.

Avec les actions “Robin des bois”, les ouvriers du secteur de l’énergie en grève ont de manière coordonnée à travers le pays établi la distribution gratuite de gaz et d’électricité pour des écoles, des hôpitaux, des HLM, des centres sportifs publics, des associations d’intérêt public. Ils ont aussi ré-établi la distribution chez les usagers chez qui ça avait été coupé à cause de factures impayées et ils ont offert un tarif réduit jusqu’à 60% pour les petits commerçants, qui n’ont reçu du gouvernement aucune d’aide comparable face à la flambée des prix ! de telles actions donnent une idée de la manière dont pourrait fonctionner la société : il faut leur donner une nouvelle dynamique et étendre leur champ d’action sur base de décisions démocratiques des comités de grève anti-Macron !

De plus, le fait d’avoir aidé les petits commerçants permettra probablement à cette couche de la société de se tourner vers la classe ouvrière et de soutenir plus volontiers les mouvements de grève, de se joindre à eux dans la lutte. C’est un pas de plus vers l’élargissement et l’unification de la lutte dans notre camp, le surpassement des divisions, si précieux pour la droite, et outil favori de l’extrême droite ! Cette dernière n’ose pas s’opposer frontalement au mouvement car, en reposant sur la lutte de classe, il constitue le cauchemar de Le Pen & Co et démasque l’hypocrisie de leur opposition. Leur monde, c’est le même que celui des amis de Macron, avec en plus la volonté d’écraser physiquement tout le mouvement social et d’imposer le racisme comme pensée unique à coups de botte. Le mouvement ouvrier en action est le meilleur remède contre les divisions semées au sein de la classe travailleuse, car l’unité est nécessaire pour vaincre.

  1. Retour de la retraite à 60 ans.
  2. Pour une pension minimale alignée sur un salaire minimum augmenté à 2000€ net.
  3. Pour l’augmentation immédiate de tous les salaires de 10% et le retour de l’échelle mobile des salaires. Plaçons les secteurs à bas salaires sous contrôle public pour assurer un véritable statut au personnel, avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail.
  4. Un emploi garanti et du temps pour vivre : pour une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. Pour l’indépendance économique des femmes et la fin des emplois précaires.
  5. Pour un plan d’investissements publics massifs dans les secteurs du soin et du lien, dans l’éducation, les logements sociaux, les transports publics durables, ainsi que dans les mesures de protection du climat. Les services publics doivent répondre aux besoins ; ils doivent être de qualité, accessibles à tou.te.s, à moins de 30 minutes de son lieu d’habitation.
  6. Expropriation et saisie des richesses des milliardaires et réintroduction de l’ISF.
  7. Nationalisation des secteurs de l’énergie et des banques sous le contrôle et la gestion démocratiques de la classe ouvrière.
  8. La 5ème République s’est avérée être une république qui ne fonctionne que pour les riches, pour la constitution d’une véritable assemblée constituante révolutionnaire démocratique basée sur les délégués élus des comités de lutte dans les quartiers, les lieux de travail, les universités et les écoles comme étape nécessaire vers un gouvernement ouvrier véritablement démocratique fonctionnant selon les besoins de toutes et tous, et non pour les profits de quelques-uns.
  9. Nous avons besoin d’une économie sous propriété démocratique publique et écologiquement planifiée avec un réel contrôle démocratique exercé par les travailleur.euse.s des entreprises et la société dans son ensemble pour créer des millions d’emplois durables et bien rémunérés et construire une nouvelle économie verte.
  10. Vers une société socialiste démocratique reposant sur les besoins de la classe ouvrière, des jeunes, des opprimé.e.s et de la planète.

Rejoignez Alternative Socialiste Internationale (ASI/ISA) !

La bataille pour renverser le capitalisme et instaurer une alternative sociétale doit se mener à l’échelle la plus large, et c’est pourquoi nous sommes organisés dans plus de 30 pays sur tous les continents : en Europe bien sûr, mais aussi au Brésil, au Chili, au Mexique, aux USA, au Québec, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Israël/Palestine our encore en Chine, où nous luttons contre la dictature meurtrière et capitaliste du PCC. Depuis plusieurs décennies, nous avons construit une expérience de lutte contre des régimes autoritaires et oppresseurs sur place, comme contre le régime sud-africain de l’apartheid, et aujourd’hui contre le régime de Poutine en Russie. ASI/ISA est par ailleurs à l’initiative du réseau international féministe socialiste ROSA (Résistance contre l’Oppression, le Sexisme et l’Austérité).

Notre parti mondial n’est pas une addition d’organisations nationales qui entretiennent des relations lointaines, nos sections nationales se voient régulièrement, discutent et dressent ensemble des analyses et conclusions stratégiques pour construire l’outil révolutionnaire qui s’impose dans les conditions d’aujourd’hui.

ASI/ISA France – alternative.soc.internationale@gmail.com // 00 33 7 68 79 63 05 (Isaure)

Ils ne nous écouteront jamais : seule la grève générale reconductible peut faire dégager Macron et toute la politique d’austérité !

Construisons des comités de grève anti-Macron dans chaque lieu de travail, chaque école, chaque quartier,…

Malgré l’adoption par la force du projet de réforme des retraites, le front commun des principales organisations syndicales du pays tient bon. Les 2 mois de mouvement ont créé un rapport de forces qui a obligé la macronie à se détourner d’un vote à l’Assemblée Nationale et à presque perdre une motion de censure.

Tract d’Alternative Socialiste Internationale – France

Macron et son gouvernement sont plus faibles que jamais, et c’est pourquoi les violences policières sont exacerbées par les autorités. L’usage de gaz lacrymogènes se répand, tout comme les charges policières contre les cortèges et les gardes à vue arbitraires. Des femmes ont été traînées par les cheveux sur plusieurs mètres et certaines ont même subi des agressions sexuelles lors de palpations. L’objectif est double. D’une part tenter de transformer la contestation en davantage de violences (en visant particulièrement la jeunesse), ce qui pourrait conduire à des divisions dans notre camp concernant l’attitude à adopter. D’autre part assurer la cohésion des forces de l’ordre autour du pouvoir en place alors que le soutien majoritaire à la lutte ne se démentit pas.

Il est clair qu’on ne fera pas tomber le projet de réforme des retraites et toute la politique de Macron/Borne par des motions de censure et des référendums, mais bien par la lutte ! Ne laissons pas passer cette occasion de lancer une offensive résolue contre Macron et tout le système capitaliste !

L’utilisation du 49.3 a fait franchir un nouveau cap dans ce mouvement. La colère et la motivation pour faire tomber le projet et Borne doivent être transformées en appel à une grève générale reconductible, dans laquelle les bastions du mouvement ouvrier jouent le rôle moteur, mais avec davantage d’attention pour entrainer dans leur sillage les secteurs et les couches moins mobilisées.

La majorité c’est nous ! Si nous nous organisons, le pouvoir est à portée de main !

Le soutien à la grève reconductible et au blocage a progressé depuis le recours au 49.3 sur la réforme des retraites : il s’agirait de 58% des sondés selon BFMTV. 68% se disent toujours opposés à la réforme des retraites et ils sont presque autant (67%) à vouloir la poursuite de la mobilisation. C’est un réservoir de mobilisation qu’il ne faut pas gâcher !

La grève reconductible a été saisie dans certains secteurs comme la SNCF, la RATP, EDF, certaines raffineries, les éboueurs de certaines villes ou encore chez des enseignants. Toute la question est de voir comment soutenir cette dynamique, l’étendre à d’autres secteurs et l’approfondir, y compris avec le recours à l’occupation d’entreprises. Où trouver de meilleurs quartiers généraux pour la lutte qu’au cœur des lieux de travail ?

Passer à la vitesse supérieure et dépasser la simple suite de dates de journées de grèves et de mobilisation vaguement liées entre elles est absolument crucial. Il est urgent, là où cela ne se fait pas déjà, d’organiser des assemblées de lutte sur les lieux de travail ouvertes à tous les collègues, syndiqués ou non, et d’organiser de pareils comités dans les lycées, les universités et les quartiers pour construire la grève générale reconductible et relier autour d’elle les différentes initiatives de lutte. Le lancement de comités de grève démocratiques anti-Macron à l’échelle locale, et plus largement ensuite, pourrait permettre d’impliquer dans l’action et la réflexion toute le soutien dont dispose le mouvement et de regrouper les multiples initiatives.

La construction de la grève reconductible est une étape centrale, mais elle n’est qu’une étape dans la confrontation avec l’Etat capitaliste. Lui donner la perspective d’une « marche des millions » sur l’Elysée à partir des régions, assistée par la multiplication des « actions Robin des bois », renforcerait son implantation. L’enjeu du combat dépasse très largement les retraites : c’est de la chute de Macron-Borne et de TOUTE la politique d’austérité dont il est question.

Pour une société gérée par et pour la majorité

Les moyens ne manquent pas ! TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 19 milliards d’euros en 2022, le plus gros de son histoire. Les entreprises du CAC 40 ont rendu à leurs actionnaires 80,1 milliards d’euros en 2022 ! Pourtant, ce sont eux que l’Etat cajole le plus avec 157 milliards d’euros d’aides publiques par an.

Ces criminels climatiques et rapaces de toutes sortes doivent être expropriés et nationalisés sous contrôle et gestion des travailleurs.euses. De telle manière, et avec la nationalisation des secteurs clés de l’économie (finance, grandes entreprises,…), il serait possible d’assurer un avenir décent à toutes et tous dans le respect de la planète grâce à une planification rationnelle et démocratique de l’économie. La classe ouvrière organisée peut jouer le rôle moteur et s’imposer comme la classe dirigeante dans la société en attirant avec elle le mouvement pour le climat, le mouvement féministe et d’autres mouvements sociaux. Les bases du renversement du système capitaliste seraient ainsi posées. C’est avec un tel type de programme et d’approche que la France Insoumise pourrait jouer pleinement son rôle en tant que stimulation de l’opposition et de la transformation de toute la société.

Avec les actions “Robin des bois”, les ouvriers du secteur de l’énergie en grève ont de manière coordonnée à travers le pays établi la distribution gratuite de gaz et d’électricité pour des écoles, des hôpitaux, des HLM, des centres sportifs publics, des associations d’intérêt public. Ils ont aussi ré-établi la distribution chez les usagers chez qui ça avait été coupé à cause de factures impayées et ils ont offert un tarif réduit jusqu’à 60% pour les petits commerçants, qui n’ont reçu du gouvernement aucune d’aide comparable face à la flambée des prix ! Ces actions sont des initiatives prises et coordonnées par les travailleurs.euses à travers le pays sur les lieux de travail. Les décisions et actions sont votées démocratiquement par la base. Cela donne une idée de la manière dont pourraient être gérées les richesses produites par les travailleurs.euses sous une société socialiste démocratique.

De plus, le fait d’avoir aidé les petits commerçants permettra probablement à cette couche de la société de se tourner vers la classe ouvrière et de soutenir plus volontiers les mouvements de grève, de se joindre à eux dans la lutte. C’est un pas de plus vers l’élargissement et l’unification de la lutte dans notre camp, le surpassement des divisions, si précieux pour la droite, et outil favori de l’extrême droite ! Cette dernière n’ose pas s’opposer frontalement au mouvement car, en reposant sur la lutte de classe, il constitue le cauchemar de Le Pen & Co et démasque l’hypocrisie de leur opposition. Leur monde, c’est le même que celui des amis de Macron, avec en plus la volonté d’écraser physiquement tout le mouvement social et d’imposer le racisme comme pensée unique à coups de botte. Le mouvement ouvrier en action est le meilleur remède contre les divisions semées au sein de la classe travailleuse, car l’unité est nécessaire pour vaincre.

  1. Retour de la retraite à 60 ans.
  2. Pour une pension minimale alignée sur un salaire minimum augmenté à 2000€ net.
  3. Pour l’augmentation immédiate de tous les salaires de 10% et le retour de l’échelle mobile des salaires. Plaçons les secteurs à bas salaires sous contrôle public pour assurer un véritable statut au personnel, avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail.
  4. Un emploi garanti et du temps pour vivre : pour une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. Pour l’indépendance économique des femmes et la fin des emplois précaires.
  5. Pour un plan d’investissements publics massifs dans les secteurs du soin et du lien, dans l’éducation, les logements sociaux, les transports publics durables, ainsi que dans les mesures de protection du climat. Les services publics doivent répondre aux besoins ; ils doivent être de qualité, accessibles à tou.te.s, à moins de 30 minutes de son lieu d’habitation.
  6. Expropriation et saisie des richesses des milliardaires et réintroduction de l’ISF.
  7. Nationalisation des secteurs de l’énergie et des banques sous le contrôle et la gestion démocratiques de la classe ouvrière.
  8. La 5ème République s’est avérée être une république qui ne fonctionne que pour les riches, pour la constitution d’une véritable assemblée constituante révolutionnaire démocratique basée sur les délégués élus des comités de lutte dans les quartiers, les lieux de travail, les universités et les écoles comme étape nécessaire vers un gouvernement ouvrier véritablement démocratique fonctionnant selon les besoins de toutes et tous, et non pour les profits de quelques-uns.
  9. Nous avons besoin d’une économie sous propriété démocratique publique et écologiquement planifiée avec un réel contrôle démocratique exercé par les travailleur.euse.s des entreprises et la société dans son ensemble pour créer des millions d’emplois durables et bien rémunérés et construire une nouvelle économie verte.
  10. Vers une société socialiste démocratique reposant sur les besoins de la classe ouvrière, des jeunes, des opprimé.e.s et de la planète.

Rejoignez Alternative Socialiste Internationale !

La bataille pour renverser le capitalisme et instaurer une alternative sociétale doit se mener à l’échelle la plus large, et c’est pourquoi nous sommes organisés dans plus de 30 pays sur tous les continents : en Europe bien sûr, mais aussi au Brésil, au Chili, au Mexique, aux USA, au Québec, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Israël/Palestine our encore en Chine, où nous luttons contre la dictature meurtrière et capitaliste du PCC. Depuis plusieurs décennies, nous avons construit une expérience de lutte contre des régimes autoritaires et oppresseurs sur place, comme contre le régime sud-africain de l’apartheid, et aujourd’hui contre le régime de Poutine en Russie. Notre parti mondial n’est pas une addition d’organisations nationales qui entretiennent des relations lointaines, nos sections nationales se voient régulièrement, discutent et dressent ensemble des analyses et conclusions stratégiques pour construire l’outil révolutionnaire qui s’impose dans les conditions d’aujourd’hui.

ASI/ISA France – alternativesocialisteinternationale.com / alternative.soc.internationale@gmail.com

France. Une révolution féministe socialiste s’impose plus que jamais

C’est tout le système qui est coupable !

Grâce à de courageux témoignages, il est aujourd’hui difficile d’ignorer l’omniprésence du sexisme, mais les améliorations restent largement insuffisantes et les violences sexistes s’aggravent, ce que confirme le Rapport 2023 sur l’état du sexisme en France. Renforçons notre combat à l’aide d’un programme qui vise à obtenir de réelles améliorations de notre quotidien et qui rompt avec ce système sexiste !
Précarité, pénuries : la crise accroît le terreau du sexisme et des autres discriminations. Et les crises sont permanentes dans ce système. Depuis la pandémie, beaucoup de mères doivent rester à la maison ou travailler à temps partiel vu le manque de places en crèches. L’écart salarial s’accroît, de même que la dépendance économique des femmes. Cela renforce aussi les préjugés sexistes : quatre Français sur dix estiment normal qu’une femme arrête de travailler pour s’occuper des enfants. Nous ne l’acceptons pas !

Tract d’Alternative Socialiste Internationale – France

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La libération de la parole et la nouvelle vague internationale de mobilisations féministes ont brisé le mythe d’une égalité obtenue sur le terrain grâce à celle acquise dans la loi. Le maintien de l’oppression des femmes a été visibilisé dans l’espace public, mais cela ne suffit pas en soi pour en finir avec le fléau ou même provoquer un changement significatif.

La polarisation dans la société est à la hausse sur la question. Les forces de droite et d’extrême droite jouent sur les formes les plus basses de la conscience, sur les vieux préjugés, les « valeurs familiales » et tentent ainsi de repousser les femmes à leur « juste place » dans la famille pour compenser l’effondrement des systèmes de soins de santé et d’enseignement.

Des services publics forts contre la double journée de travail

Faire un choix politique, c’est aussi une question de méthode. Avant que le mouvement ouvrier n’ait acquis l’obligation scolaire sous pression de la lutte (essor général du mouvement ouvrier, Commune de Paris en 1871, création de l’Association internationale des travailleurs, etc.), éduquer et prendre soin des enfants toute la journée était une tâche domestique. Avant le développement des soins de santé, soigner les malades était aussi une tâche domestique. Les vagues de luttes ont à chaque fois permis de réduire le travail non rémunéré des femmes par la conquête de nouveaux services publics.

Le vieillissement de la population conduira dans les années à venir à une augmentation du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie. La prise en charge de la dépendance des personnes âgées est profondément marquée par les rapports de genre : elles sont plus fréquemment confrontées à cette question puisque l’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes et ce sont les principales pourvoyeuses des soins (professionnellement et au sein même de la famille).

Le scandale des entreprises privées dans les maisons de repos françaises avait été dénoncé par l’excellent – mais révoltant – livre-enquête Les Fossoyeurs. Depuis lors, le groupe Orpéa a été plongé dans la tourmente au point qu’il va bientôt passer sous le contrôle de la Caisse des dépôts, bras financier de l’État. Il faudra un combat acharné du personnel pour assurer qu’il ne soit pas simplement question d’un assainissement des finances du groupe aux frais de la collectivité avant de repasser la balle au privé. Cela doit constituer un point de départ vers la nationalisation de l’ensemble du secteur sous contrôle et gestion de la collectivité afin d’assurer des conditions de travail dignes de ce nom pour un personnel en quantité suffisante, afin d’assurer que nos aînés aient tout le respect qu’ils et elles méritent.

Les richesses produites dans la société doivent servir à la société. Nous défendons un plan public d’investissements massifs pour que les services publics répondent aux besoins de la population en termes de logements sociaux, de crèches, d’écoles, d’hôpitaux, de maisons de repos, de refuges pour personnes en difficulté, de centre d’accueil pour personnes avec handicap, de soins à domicile… De nouveaux services publics doivent aussi être développés pour faciliter les tâches ménagères des familles avec des blanchisseries, ateliers de repassage, services de nettoyage, services de repas frais et de qualité sur les lieux de travail, dans les écoles et les quartiers, etc.

Où aller chercher tous les moyens que cela exige ? Commençons par refuser de rembourser la dette publique aux fonds spéculatifs, mais uniquement à des particuliers sur base de besoins prouvés. On ne peut pas être féministe et accepter de subir le poids de cette dette. Emprunter cette voie, la seule capable d’apporter un changement réel, conduira nécessairement à la nationalisation du secteur financier sous contrôle et gestion démocratiques. Ce sont de premières étapes qui ouvriront la voie à une société qui garantira l’épanouissement de tou.te.s, une société socialiste démocratique. Nous ne méritons rien de moins.

Pour un féminisme anticapitaliste et socialiste

  1. Contre le projet de réforme des retraites : retour de la retraite à 60 ans et une pension minimale de 1400€ net. Construisons la grève générale reconductible via des assemblées démocratiques de lutte sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les universités,… pour faire tomber Macron et lutter contre le capitalisme.
  2. Pour un salaire minimum à 2000€ net, l’augmentation immédiate de tous les salaires de 10% et le retour de l’échelle mobile des salaires. Plaçons les secteurs à bas salaires sous contrôle public pour assurer un véritable statut au personnel, avec un bon salaire et de bonnes conditions de travail.
  3. Un emploi garanti et du temps pour vivre : pour une réduction collective du temps de travail, sans diminution des salaires, avec embauches compensatoires et diminution des cadences. Pour l’indépendance économique des femmes et la fin des emplois précaires.
  4. 2 milliards d’euros par an pour lutter contre les violences faites aux femmes et toutes les formes de LGBTQIA+phobie, y compris la transphobie ; pour des campagnes de prévention et la construction de centres de refuges et places d’accueil, accessibles à tou.te.s. Chacun.e doit avoir accès à un logement digne (contre le projet de loi sur le logement Kasbarian-Bergé qui criminalise les locataires et occupantes précaires mises dans l’illégalité en accélérant les mises à la rue) et à pouvoir se déplacer en transport public gratuit, en toute sécurité.
  5. Pour un plan d’investissements publics massifs dans les secteurs du soin et du lien, dans l’éducation, les logements sociaux, les transports publics durables, ainsi que dans les mesures de protection du climat. Les services publics doivent répondre aux besoins ; ils doivent être de qualité, accessibles à tou.te.s, à moins de 30 minutes de son lieu d’habitation.
  6. Contre la double journée de travail des femmes : pour la socialisation des tâches domestiques, notamment via des cantines publiques de qualité, des blanchisseries publiques et un système de garde d’enfants gratuit.
  7. Les femmes ne sont pas des objets. Stop à la marchandisation du corps.
  8. Pour des droits sexuels et reproductifs complets – des ressources suffisantes pour l’éducation sexuelle, la contraception et l’accès à des avortements gratuits et sûrs (avec le maintien et la réouverture de maternités et hôpitaux de proximité), ainsi que la possibilité d’élever des enfants sans vivre dans la pauvreté !
  9. Pour un féminisme socialiste internationaliste et antiraciste ! Il n’existe pas de capitalisme sans sexisme, racisme, homophobie, transphobie, etc. Pour l’unité de chaque personne, travailleuse.eur.s et jeunes, d’origine française ou étrangère, … contre ce système qui ne sert que les intérêts d’une minorité de super-riches. Pour la régularisation des personnes sans papiers et leur accession à un logement décent, un emploi.
  10. Solidarité avec les femmes en Iran, en Afghanistan et ailleurs qui se soulèvent contre les régimes oppressifs.
  11. Pour une lutte internationale contre la guerre : femmes de la classe travailleuse d’Ukraine, de Russie et du monde entier unies contre la guerre et l’impérialisme sous toutes ses formes, y compris le système de la “Françafrique”.
  12. Pour la fin des inégalités sociales – ce n’est que si nous possédons l’économie que nous pourrons arrêter l’exploitation. Pour la nationalisation des secteurs de l’énergie et des banques sous le contrôle et la gestion démocratique de la classe ouvrière.
  13. Nous avons besoin d’une économie publique et écologiquement planifiée avec un véritable contrôle démocratique par les travailleuse.eur.s et la société dans son ensemble pour créer des millions d’emplois bien payés et durables et construire une nouvelle économie verte. Pour une société socialiste démocratique basée sur les besoins de la classe travailleuse, des jeunes, des opprimé.e.s et de notre planète.